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École pour dyslexie : les établissements spécialisés dys, leurs tarifs, et ce qu’on y gagne ou perd
Cherchez « école pour dyslexie » et vous obtiendrez des noms d’établissements, des promesses de petits effectifs, et pas un seul prix. Les pages qui répondent à cette question n’écrivent presque jamais de montant, alors qu’il s’agit d’écoles à plusieurs milliers d’euros par an.
Cette page fait l’inverse. Elle pose ce qui existe réellement, ce que cela coûte quand le chiffre est vérifiable, ce que le statut hors contrat retire comme droits — et pourquoi le retour dans le public, qui est l’argument central de ces écoles, n’a rien d’automatique.

En bref
- Il n’existe pas d’école publique dédiée aux élèves dys, ni de liste officielle des écoles privées qui le sont. Le seul document institutionnel qui ressort de cette recherche recense des unités destinées aux élèves autistes.
- Un seul réseau couvre plusieurs régions — CERENE, huit établissements. Les autres enseignes restent locales, à un ou deux sites, sans coordination ni recensement commun.
- L’ordre de grandeur va d’environ 5 900 à 10 000 € par an, hors transport, périscolaire et soins. Deux établissements seulement affichent une grille complète, et un seul la module selon le revenu.
- Le statut hors contrat retire des droits : ni PAP ni PPS applicables, pas d’AESH, brevet passé en candidat libre sans contrôle continu.
- Le retour dans le public n’est pas automatique. Au collège et au lycée, il suppose de réussir un examen d’admission — alors que ces écoles se présentent précisément comme des passerelles.
- Un droit survit pourtant à ce changement : les aménagements d’examens restent demandables au brevet et au baccalauréat, la demande relevant alors de la famille.
Il n’existe pas d’école publique dédiée aux dys — ni de liste officielle
C’est le point de départ, et il est rarement posé aussi nettement. L’école publique française n’a pas de filière dys. Elle a des aménagements — que l’élève reste dans sa classe — et des dispositifs — qui organisent une scolarité adaptée sans jamais être réservés à un trouble en particulier. Un élève dyslexique relève du droit commun de l’école inclusive, pas d’un circuit à part.
Cette absence explique l’existence d’un petit marché privé. Elle explique aussi pourquoi les familles cherchent une liste — et n’en trouvent aucune.
Le seul document officiel de cette recherche ne concerne pas les dys
Sur la recherche « école pour dyslexie », le seul résultat institutionnel du premier écran est un fichier du ministère chargé des personnes handicapées, intitulé « liste des établissements scolaires TND » — troubles du neurodéveloppement. Le titre est ce qui le fait remonter.
Son contenu ne répond pourtant pas à la question. La colonne « dispositif » de ce fichier ne prend que cinq valeurs : UEMA et UEEA, les unités d’enseignement en maternelle et en élémentaire destinées aux élèves autistes, et les dispositifs d’autorégulation en école, collège et lycée, eux aussi conçus pour des élèves avec troubles du spectre de l’autisme. On n’y trouve ni troubles spécifiques du langage et des apprentissages, ni ULIS.
À retenir : un parent d’enfant dyslexique qui ouvre ce document y trouvera plusieurs centaines d’écoles classées « autisme », et rien pour lui. Aucun annuaire public ne recense les établissements au titre des troubles dys. Les seules listes disponibles sont associatives ou commerciales — celle de cette page comprise.
Une vérification reste possible, et elle est utile : toutes ces écoles figurent nominativement dans l’annuaire de l’Éducation nationale, avec leur numéro d’établissement — sans mention de leur spécialité, mais avec leur libellé officiel, qui donne les niveaux réellement autorisés. C’est le moyen le plus rapide de savoir si une « école dys » est bien déclarée, et jusqu’à quelle classe.
Ce qui s’en approche dans le public : l’ULIS TSLA
Une ULIS — unité localisée pour l’inclusion scolaire — est un dispositif implanté dans une école, un collège ou un lycée ordinaire. L’élève reste inscrit dans sa classe de référence et bénéficie de temps de regroupement avec un enseignant spécialisé. Certaines ULIS sont fléchées TSLA, c’est-à-dire troubles spécifiques du langage et des apprentissages : ce sont les plus proches de ce que cherchent les familles.
Deux limites, cependant. Ce fléchage, créé par la circulaire du 21 août 2015, reste peu répandu et inégalement réparti sur le territoire. Et l’accès suppose une notification de la maison départementale des personnes handicapées, donc une reconnaissance de handicap que tous les élèves dys n’obtiennent pas. Nous détaillons ce que recouvre chaque dispositif, et lequel correspond à quelle situation, dans notre comparatif des quatre plans d’accompagnement et dans notre page ULIS ou SEGPA.
Les six voies possibles, et ce qui les sépare
Avant de comparer des écoles, il faut comparer des voies. Elles ne coûtent pas la même chose, ne s’obtiennent pas de la même manière, et n’entraînent pas les mêmes conséquences sur les droits de l’élève.
| Voie | Qui décide | Coût pour la famille | Ce qu’elle apporte | Sa limite |
|---|---|---|---|---|
| Classe ordinaire aménagée PPRE, PAP | L’école, avec avis du médecin de l’Éducation nationale pour le PAP | Gratuit | Des aménagements écrits et opposables, sans changer d’établissement | Dépend entièrement de la mise en œuvre par chaque enseignant |
| Classe ordinaire avec PPS et parfois AESH | La CDAPH, via la MDPH | Gratuit | Ouvre le matériel adapté, l’accompagnement humain, les droits liés au handicap | Suppose une reconnaissance de handicap, et des délais d’instruction longs |
| ULIS dont ULIS TSLA | La CDAPH, via la MDPH | Gratuit | Temps de regroupement avec un enseignant spécialisé, effectif réduit | Rares, inégalement réparties, et non réservées aux dys |
| SESSAD | La CDAPH, via la MDPH | Pris en charge par l’Assurance maladie | Des professionnels du soin qui interviennent sur les lieux de vie de l’enfant, école comprise | Places contingentées, listes d’attente ; suppose une notification |
| Privé sous contrat avec dispositif interne | L’établissement | Frais de scolarité modérés | Programmes officiels, diplômes en établissement, parfois une classe à effectif réduit | Aucun recensement n’existe : ces dispositifs se repèrent établissement par établissement |
| Privé hors contrat spécialisé | L’établissement, sur dossier | environ 5 900 à 10 000 € par an | Effectifs généralement compris entre 10 et 20, enseignants formés, soins parfois sur le temps scolaire | Ni PAP ni PPS applicables, pas d’AESH, brevet passé en candidat individuel |
Une septième option existe, l’instruction en famille, mais elle est soumise à autorisation préalable de l’autorité académique — le directeur académique des services de l’Éducation nationale — et relève d’une logique différente : elle ne résout pas la question de l’adaptation pédagogique, elle la transfère à la famille.
Ce que l’IME et l’ITEP ne sont pas
C’est l’une des confusions les plus répandues, et aucune des pages qui dominent cette recherche ne la lève. Les établissements médico-sociaux ne sont pas des écoles spécialisées dans les troubles dys.
- L’IME, institut médico-éducatif, accueille des jeunes de 3 à 20 ans présentant une déficience à prédominance intellectuelle.
- L’ITEP, qui fonctionne souvent en dispositif intégré (DITEP), accueille des jeunes dont les difficultés psychologiques — et notamment l’intensité des troubles du comportement — perturbent gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages, « en dépit de potentialités intellectuelles et cognitives préservées » selon les termes du code de l’action sociale et des familles.
- Le SESSAD est un service, pas un lieu de scolarisation : il intervient sur les lieux de vie de l’enfant, école comprise.
Un trouble dys isolé ne relève ni de l’IME ni de l’ITEP. Les écoles privées spécialisées le disent d’ailleurs à leur manière : elles conditionnent l’admission à une efficience intellectuelle préservée. Le SESSAD est la seule des trois structures qui puisse concerner un élève dys — et il ne suppose pas de quitter son école. Il suppose en revanche une notification de la MDPH, ce qui reste, pour beaucoup de familles dys, le premier obstacle.
Les établissements spécialisés dys en France : ce qu’on peut vérifier
Le tableau ci-dessous recense les établissements identifiables et vérifiables à la date indiquée. Il ne prétend pas être exhaustif — pour la raison exposée plus haut : aucun recensement officiel n’existe, et un établissement peut ouvrir, fermer ou changer de niveaux sans que rien ne le signale.
| Établissement | Où | Niveaux | Public accueilli | Frais de scolarité annuels |
|---|---|---|---|---|
| Réseau CERENE | Paris 12ᵉ, 15ᵉ et 17ᵉ, Rueil-Malmaison, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille | Du CE2 à la seconde, la seconde n’étant ouverte que sur certains sites | Troubles dys | Non publiés. La presse locale fait état d’environ 1 000 € par mois pour l’école de Lille, début 2025 |
| Edeys | Eysines (Gironde) ; une école à La Rochelle annoncée pour septembre 2026 | Du CM1 à la 3ᵉ | Troubles dys | Publiés et modulés selon le revenu : 5 880 €, 6 960 € ou 8 280 €, plus 350 € de frais de dossier et d’inscription |
| CRPS Bousquet | Nice | Du CP à la 3ᵉ | Dys, TDAH, haut potentiel | Publiés (grille 2024-2025) : 630 € par mois sur dix mois en primaire, 650 € au collège, plus 330 € de frais |
| École Fourio — SystèmeDys | Launac (Haute-Garonne), au nord de Toulouse | Du CP au CM2 | Troubles dys | Non consultables en ligne |
| Precodys Academy | Lucenay (Rhône) | Du CP au CM2 | Dys et haut potentiel | Non consultables en ligne ; 350 € de frais d’inscription publiés |
| eCREAdys | Sarreguemines (Moselle) | Élémentaire | Dys, TDAH, haut potentiel | Non publiés |
| École Walt | Paris 11ᵉ et Levallois-Perret | Selon les sites | Profils neuro-atypiques, dont dys et TDAH | Non publiés |
| Cours du Pont de Pierre | Paris 15ᵉ et Paris 7ᵉ | Du primaire au lycée | Dys et TDAH | Non publiés |
Comment cette liste a été établie
Chaque établissement cité a été retenu parce qu’au moins deux sources concordantes le mentionnent, et parce que son existence a pu être vérifiée sur son propre site ou dans la presse à la date indiquée. Les montants proviennent soit de la grille publiée par l’établissement, soit d’un article de presse identifié — jamais d’une estimation.
Cette page ne recommande aucun établissement, n’en reçoit aucune rémunération et ne publie aucun lien commercial. Les tarifs doivent être confirmés auprès de l’établissement avant toute décision : ils changent d’une année sur l’autre, et plusieurs de ces écoles ne datent pas les montants qu’elles affichent.
Trois établissements souvent cités dans les listes « écoles dys » n’en sont pas, et nous les avons écartés après vérification sur leurs propres sites : l’un s’adresse aux jeunes avec un trouble du spectre de l’autisme sans déficience intellectuelle, un autre à des adolescents et jeunes adultes de dix à vingt ans en refus scolaire anxieux ou avec troubles du neurodéveloppement — reconnaissance MDPH exigée —, le troisième est une école généraliste à pédagogie personnalisée, d’origine haut potentiel. Aucun des trois ne revendique de spécialisation dys.
Une erreur, une fermeture, une école manquante ? Signalez-le nous.
CERENE, le seul réseau multi-sites
Créé en 2010 par le neuropsychologue Hervé Glasel, le réseau CERENE est le seul acteur français à faire fonctionner des établissements dans plusieurs régions sous une même enseigne. Il annonce huit écoles et plus de quatre cents élèves scolarisés chaque année. Deux autres enseignes fonctionnent sur deux sites, en Île-de-France ; toutes les autres écoles de notre relevé sont uniques.
Son modèle est celui d’une école passerelle : l’élève y passe deux à trois ans, en effectif réduit — le réseau annonce dix à quinze élèves par classe, la presse spécialisée relevant douze en primaire et quinze au collège — avec des enseignants formés aux troubles dys et, jusqu’à un certain niveau, des professionnels de santé libéraux qui interviennent sur le temps scolaire. L’objectif affiché est le retour en scolarité ordinaire, et le fondateur indiquait début 2025 qu’environ un tiers des élèves repart chaque année vers l’enseignement classique.
Trois éléments méritent d’être connus. Le premier tient aux résultats : le réseau communique des taux de réussite au brevet compris entre 85 et 100 % depuis 2016, mais il s’agit de données internes, et un établissement qui sélectionne ses élèves à l’entrée — environ un dossier sur cinq est refusé, selon ses propres informations — ne se compare pas à un collège de secteur. Le deuxième est que le statut hors contrat n’y est pas revendiqué comme une doctrine : le réseau indique avoir engagé depuis plusieurs années des démarches pour passer sous contrat, sans aboutir à ce jour. Le troisième tient au retour lui-même, sur lequel nous revenons plus bas : il est moins automatique que le mot « passerelle » ne le laisse entendre.
Les autres établissements repérés
En dehors de CERENE, le paysage est fait d’écoles uniques ou à deux sites, ouvertes pour la plupart depuis moins de dix ans, et couvrant chacune un empan de niveaux différent. Edeys, en Gironde, se distingue sur un point précis : c’est le seul établissement de notre relevé à moduler ses frais selon le revenu des familles, avec trois tranches et une bourse interne — laquelle reste très contingentée, puisqu’elle porte sur 30 % des frais, pour trois enfants par an au maximum et sous condition de ressources. Le CRPS Bousquet, à Nice, publie lui aussi une grille complète, mais unique. Partout ailleurs, il faut appeler.
Un détail rarement regardé mérite de l’être avant de signer : le statut juridique de l’établissement. Certaines de ces écoles sont des associations à but non lucratif portées par des parents, d’autres des sociétés commerciales. Les deux modèles peuvent être sérieux, mais ils n’engagent pas la même chose, et l’information se vérifie en quelques secondes au registre des entreprises.
Il existe par ailleurs des établissements privés sous contrat qui ont ouvert une classe ou un dispositif interne pour élèves dys. Les pages qui dominent cette recherche affirment volontiers que « ce type de classe existe dans de nombreux établissements privés en France ». Cette affirmation n’est étayée nulle part, et nous ne la reprenons pas à notre compte : aucun recensement ne permet de la vérifier. En pratique, ces dispositifs se repèrent établissement par établissement, en appelant les directions du secteur. Leur intérêt est réel — programmes officiels, examens passés dans l’établissement, coût sans commune mesure avec le hors contrat.
Combien ça coûte
C’est la question la plus posée et la moins traitée. Cherchez les tarifs de ces écoles et vous tomberez, en relevé du 2 août 2026, sur des pages de contenu automatisé qui avancent des fourchettes deux à trois fois inférieures à ce que les sources primaires indiquent, sans référence aucune. Les pages sérieuses, elles, n’écrivent aucun chiffre. Et le principal réseau français ne publie de tarif nulle part sur son site.
Voici ce qui est vérifiable.
| Source | Montant | Nature de la source |
|---|---|---|
| Grille Edeys | 5 880 € / 6 960 € / 8 280 € selon trois tranches de revenus, lissables sur dix mois | Publiée par l’établissement, sans année de référence indiquée |
| Grille CRPS Bousquet | 6 300 € en primaire, 6 500 € au collège (630 et 650 € par mois sur dix mois) | Publiée par l’établissement, grille 2024-2025 |
| Presse locale, école CERENE de Lille | 1 000 € par mois, quel que soit le niveau, soit 10 000 € sur dix mois | Reportage de presse quotidienne régionale, janvier 2025 |
| Média spécialisé handicap | « parfois supérieurs à 8 000 € par an » | Article de fond sur l’ensemble des écoles dys, août 2025 |
L’ordre de grandeur réel va donc d’environ 5 900 à 10 000 € par an selon l’établissement, le niveau et, quand elle existe, la modulation par le revenu. Attention à la présentation mensuelle, qui adoucit l’addition : mille euros par mois sur dix mois font dix mille euros à l’année. Et retenez que ces montants sont ceux que nous avons pu vérifier — six des huit établissements de notre relevé ne publient rien.
Ce que le prix n’inclut pas
C’est là que les budgets familiaux se creusent, et aucune des pages concurrentes n’en dit un mot.
- Le transport. Ces écoles sont peu nombreuses : la scolarisation implique souvent un trajet quotidien long, parfois un déménagement.
- Le périscolaire. Certains de ces établissements n’assurent ni garderie, ni accueil du mercredi. L’étude du soir peut être facturée séparément par un prestataire extérieur.
- Les soins au-delà du niveau couvert. Quand des professionnels de santé interviennent sur le temps scolaire, ils exercent en libéral et ne sont pas salariés de l’école ; leur intervention peut cesser à partir d’un certain niveau.
- Les frais d’inscription et de dossier, distincts des frais de scolarité.
Les aides mobilisables — et celle qui n’existe pas
Commençons par ce qui n’existe pas, puisque c’est la question qui revient le plus : il n’y a pas de déduction fiscale des frais de scolarité en France. Ce que le code général des impôts prévoit, à son article 199 quater F, est une réduction d’impôt forfaitaire pour enfant scolarisé, sans aucun rapport avec les sommes engagées : 61 € pour un collégien, 153 € pour un lycéen, 183 € dans le supérieur, montants divisés par deux en résidence alternée. Elle s’applique aussi bien dans le public que dans le privé, sous contrat ou non. Face à une scolarité à dix mille euros, elle ne compense rien.
Et il faut ajouter une précision que personne ne donne : cette réduction n’existe pas à l’école primaire. Elle démarre au collège. Or la moitié des établissements spécialisés dys de notre relevé sont élémentaires. Pour ces familles-là, l’avantage fiscal n’est pas de 61 €, il est de zéro.
Ce qui peut être mobilisé, en revanche :
- L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), attribuée par la CDAPH via la MDPH et versée par la caisse d’allocations familiales. Son montant de base est de 153,01 € par mois, auquel peuvent s’ajouter des compléments selon la catégorie retenue. Elle suppose un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou compris entre 50 et 80 % si l’enfant bénéficie par ailleurs d’un accompagnement médico-social, d’un dispositif de scolarisation adapté ou de soins préconisés par la CDAPH. Elle compense des dépenses liées au handicap, pas des frais de scolarité.
⚠️ Un point à vérifier avant de changer d’école. Entre 50 et 80 % de taux d’incapacité, le droit à l’AEEH est conditionné à un accompagnement médico-social, à des soins préconisés par la CDAPH ou à un dispositif de scolarisation adapté. Une école privée hors contrat n’est pas un dispositif de scolarisation adapté au sens réglementaire. Quitter une ULIS pour une école spécialisée peut donc, dans cette tranche de taux, faire perdre le bénéfice de l’allocation. C’est une question à poser à la MDPH avant de décider, pas après. - L’aide au transport peut être demandée à la MDPH. Le réseau CERENE indique dans sa foire aux questions que le statut hors contrat de l’établissement n’est pas en soi un motif de refus, les besoins de l’enfant fondant la décision. Dans les faits, la réponse varie d’un département à l’autre : son fondateur rapportait début 2025 qu’une MDPH s’y montrait moins ouverte qu’ailleurs.
- La bourse des collèges n’est pas automatiquement ouverte : elle dépend de l’habilitation de l’établissement. Le réseau CERENE répond ainsi, à la question de son accessibilité : « oui, mais à Paris uniquement ».
- Les bourses internes et les fondations. Plusieurs établissements pratiquent une modulation par le revenu ou disposent d’un fonds de solidarité. C’est à demander explicitement : ce n’est presque jamais mis en avant.
Ce qu’on perd en franchissant la porte du hors contrat
Un établissement hors contrat est un établissement qui n’a signé aucun accord avec l’État. Il doit déclarer son ouverture au recteur, et il est inspecté dès sa première année de fonctionnement, sur le plan administratif comme pédagogique. Il n’est pas tenu de suivre les programmes ni les horaires de l’enseignement public : ce que le rectorat contrôle, c’est qu’il permette aux élèves d’acquérir les connaissances du socle commun.
Cette liberté pédagogique est précisément ce que les familles viennent chercher. Elle a des contreparties, rarement énoncées :
| Ce qui existe dans le public | Ce qu’il en reste en hors contrat |
|---|---|
| PAP, PPS, PPRE | Sans objet. Ces plans sont des dispositifs de l’Éducation nationale ; un établissement hors contrat n’en relève pas. L’un d’eux l’écrit sans détour sur son propre site. |
| AESH | Pas d’accompagnant notifié dans l’établissement. |
| Programmes nationaux | Non obligatoires. Seul le socle commun est exigé, et son acquisition est appréciée en tenant compte des méthodes pédagogiques de l’établissement. |
| Brevet avec contrôle continu | Passé en candidat individuel : le contrôle continu — 40 % de la note depuis la session 2026 — disparaît, et l’élève passe une épreuve écrite de langue vivante en plus, sans l’oral de soutenance de projet. |
| Bourses nationales | Selon l’habilitation de l’établissement, pas de droit. |
| Gratuité | Sans objet. L’État ne rémunère pas les enseignants. |
Un droit, en revanche, franchit la frontière — et il n’est jamais mentionné dans les listes de ce qu’on perd. Les aménagements d’examens restent demandables pour un élève scolarisé hors contrat : tiers temps, secrétaire, ordinateur, au brevet comme au baccalauréat. La différence tient à qui porte la demande. Dans le public, l’établissement l’accompagne ; ici, c’est à la famille de la déposer, dans les délais fixés par l’académie. Un aménagement demandé en 4ᵉ pour le brevet, en seconde pour le baccalauréat, ne se rattrape pas l’année de l’épreuve.
Il faut lire cette liste sans dramatisation. Une famille peut juger que des effectifs de douze et des enseignants formés valent mieux qu’un plan d’accompagnement mal appliqué dans une classe de vingt-huit. C’est un arbitrage légitime. Mais c’est un arbitrage, pas un gain net — et il se fait rarement en connaissance de cause, parce que personne ne le pose.
Le retour au public n’est pas automatique
C’est le point le plus important de cette page, et il est absent de toutes les pages qui dominent cette recherche.
« Si votre enfant rentre au collège ou au lycée, il doit réussir un examen d’admission pour pouvoir s’inscrire dans l’établissement public choisi. »
Service-public.gouv.fr, fiche « Établissement scolaire privé hors contrat : quelles sont les règles ? », vérifiée le 4 février 2025.
Le contenu de cet examen est défini par le directeur académique des services de l’Éducation nationale. Il porte sur les principales disciplines enseignées à la fois dans la classe quittée et dans celle visée. Il est organisé par le chef de l’établissement d’accueil, qui en préside le jury. En cas de réussite, l’affectation est prononcée par le directeur académique. Un examen peut être organisé en dehors des périodes habituelles lorsque la demande est motivée par des raisons particulières.
Autrement dit : le modèle même de ces écoles — deux ou trois ans de remise à niveau, puis retour en ordinaire — passe par une porte dont la clé n’appartient pas à la famille. Cela ne condamne pas le projet, et beaucoup d’élèves franchissent cette étape. Mais c’est une question à poser à l’établissement avant de s’engager, et à poser aussi au collège de secteur : combien d’élèves sortis de chez vous ont été réintégrés dans le public, et selon quelles modalités ?
Les questions à poser avant de signer
Une visite d’établissement se prépare. Les questions ci-dessous sont celles auxquelles une école sérieuse répond sans hésiter — et celles dont l’esquive est en soi une réponse.
Sur la pédagogie
- Quelle est la formation des enseignants aux troubles dys ? Est-elle initiale, continue, certifiée ?
- Les programmes officiels sont-ils suivis, et sur quels niveaux ?
- Quel est l’effectif réel de la classe où entrerait mon enfant, cette année ?
- Comment les élèves sont-ils évalués, et comment l’orthographe est-elle prise en compte dans les notes ?
Sur l’argent
- Quel est le coût annuel complet : scolarité, inscription, dossier, cantine, étude, sorties ?
- Les interventions de professionnels de santé sont-elles incluses, jusqu’à quel niveau, et facturées par qui ?
- Existe-t-il une modulation par le revenu, une bourse interne, un échelonnement ? Et à quelles conditions exactes ?
- L’établissement est-il une association à but non lucratif ou une société commerciale ?
Sur l’après — les questions que personne ne pense à poser
- Combien de vos élèves sont retournés dans le public l’an dernier, et comment l’examen d’admission s’est-il passé ?
- Le brevet est-il passé en candidat individuel ? Comment les élèves y sont-ils préparés sans les 40 % de contrôle continu, et avec l’épreuve de langue vivante en plus ?
- Qui dépose la demande d’aménagements d’examen, et selon quel calendrier ?
- Quelle est la durée moyenne de scolarisation, et sur quels critères décidez-vous qu’un élève est prêt à repartir ?
- Quelle proportion de dossiers refusez-vous, et sur quels motifs ?
Une école qui ne sait pas dire ce que deviennent ses élèves après leur départ ne mesure pas ce qu’elle promet.
Avant d’en arriver là : ce qu’il faut avoir épuisé dans le public
Le glissement le plus fréquent consiste à chercher une école spécialisée avant d’avoir obtenu ce à quoi l’élève a déjà droit. Ce n’est pas un reproche adressé aux familles : c’est la conséquence directe d’un système où les droits existent sur le papier et se conquièrent dans les faits. Mais l’ordre compte, parce que les démarches du public sont gratuites et que rien n’oblige à les abandonner.
- Les aménagements de classe. Ils ne demandent ni diagnostic ni plan pour commencer. Aérer les documents, lire les consignes, donner la trace écrite tapée : la plus grande partie du bénéfice est là, et elle est immédiate. Nous détaillons ces gestes dans notre page sur les aménagements pour un élève dyslexique.
- Le bon plan d’accompagnement. Les quatre dispositifs existants ne sont pas des paliers de gravité mais quatre réponses à quatre besoins différents. Se tromper de plan, c’est perdre une année. Notre comparatif PAP, PPS, PPRE, PAI permet de trancher.
- Les recours, quand un dossier bloque. Un compte rendu d’évaluation inexact, une orientation contestée, une notification non respectée : ces situations ont des voies de recours précises, avec des délais courts. Voir notre page sur la manière de faire corriger un GEVA-Sco et de contester une décision — et, en amont, sur ce qu’il faut renseigner dans un GEVA-Sco.
- Les dispositifs collectifs. Avant de payer, il vaut la peine de savoir précisément ce que recouvrent une ULIS et une SEGPA, et laquelle correspond — ou non — à la situation de l’élève : notre comparatif ULIS ou SEGPA distingue ce qui relève du handicap reconnu et ce qui relève de la difficulté scolaire.
Une école spécialisée reste un choix défendable, en particulier lorsque la scolarité s’est dégradée au point d’affecter le rapport de l’enfant à l’école elle-même. Elle se décide mieux après avoir essayé le reste qu’à sa place.
Questions fréquentes
Existe-t-il des écoles publiques pour enfants dyslexiques ?
Non, pas d’école publique entièrement dédiée. Il existe en revanche des dispositifs à l’intérieur d’écoles ordinaires, dont certaines ULIS fléchées troubles du langage et des apprentissages. L’accès y suppose une notification de la MDPH.
Quel collège pour un enfant dys ?
Les mêmes voies qu’en primaire, avec deux différences. Les dispositifs collectifs sont plus nombreux au collège, et surtout le second degré fait entrer le brevet dans l’équation : le contrôle continu y pèse lourd, et il disparaît en hors contrat. C’est le niveau où l’arbitrage entre public aménagé et privé spécialisé mérite le plus d’attention.
Combien coûte une école spécialisée dys ?
D’environ 5 900 à 10 000 € par an selon les établissements, sur la base des grilles publiées et des montants relevés dans la presse en 2025 et 2026. Deux établissements seulement de notre relevé affichent une grille complète, et un seul la module selon le revenu. Ce montant n’inclut ni le transport, ni le périscolaire, ni les soins au-delà du niveau couvert.
Peut-on déduire ces frais de ses impôts ?
Non. Il n’existe pas de dispositif de déduction des frais de scolarité en France. La seule réduction d’impôt existante est forfaitaire — 61 € au collège, 153 € au lycée — et sans lien avec les sommes réellement engagées. Elle n’existe pas à l’école primaire.
La MDPH peut-elle financer une école privée ?
Elle ne finance pas des frais de scolarité. Elle peut en revanche accorder une aide au transport, et le statut hors contrat de l’établissement n’est pas en soi un motif de refus. Les pratiques varient nettement d’un département à l’autre.
Faut-il une reconnaissance MDPH pour inscrire son enfant ?
Pas nécessairement pour l’inscription elle-même, mais un bilan ou un diagnostic est généralement exigé à l’admission. La reconnaissance MDPH redevient nécessaire dès qu’on veut mobiliser des aides — transport, matériel adapté, allocation.
Un IME ou un ITEP peuvent-ils accueillir un enfant dyslexique ?
Non, pas au titre d’un trouble dys isolé. L’IME s’adresse à des jeunes présentant une déficience à prédominance intellectuelle, l’ITEP à des jeunes dont les troubles du comportement perturbent gravement la socialisation. Le SESSAD, en revanche, peut intervenir auprès d’un enfant dys — et il intervient à l’école, sans l’en sortir.
Garde-t-on le droit au tiers temps aux examens ?
Oui. Les aménagements d’examens ne dépendent pas du statut de l’établissement : un élève scolarisé hors contrat peut demander un temps majoré, un secrétaire ou l’usage d’un ordinateur au brevet comme au baccalauréat. C’est en revanche à la famille de déposer la demande, auprès des services académiques et dans les délais — en classe de 4ᵉ pour le brevet, de seconde pour le baccalauréat.
Peut-on revenir dans le public après une école hors contrat ?
Oui, mais pas de plein droit au second degré. Pour une inscription au collège ou au lycée public, l’élève doit réussir un examen d’admission dont le contenu est défini par le directeur académique et qui est organisé par l’établissement d’accueil. C’est une étape à anticiper dès l’entrée dans l’établissement privé, pas à découvrir au moment du départ.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Établissement scolaire privé hors contrat : quelles sont les règles ? », vérifiée le 4 février 2025 — ouverture et contrôle des établissements : code de l’éducation, articles L. 441-1 à L. 441-4.
- Service-public.gouv.fr, « Primaire et secondaire : comment s’effectue le passage du privé au public ? » — modalités de l’examen d’admission (note de service n° 81-173 du 16 avril 1981). L’examen ne concerne ni le premier degré, ni les établissements sous contrat.
- Service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu — frais de scolarité des enfants », vérifiée le 15 avril 2026 — code général des impôts, article 199 quater F.
- Service-public.gouv.fr, « Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) », vérifiée le 1ᵉʳ juin 2026 — code de la sécurité sociale, articles L. 541-1 à L. 541-5.
- Ministère de l’Éducation nationale, socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
- Mon Parcours Handicap, « Comment s’effectue la scolarisation en établissement médico-social ? » — panorama des établissements et du fonctionnement en dispositif intégré.
- Code de l’action sociale et des familles : article D. 312-11 (instituts médico-éducatifs), article D. 312-59-1 (instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques), article D. 312-55 (services d’éducation spéciale et de soins à domicile).
- Circulaire n° 2015-129 du 21 août 2015 — unités localisées pour l’inclusion scolaire, dont le fléchage troubles spécifiques du langage et des apprentissages.
- Éduscol, les aménagements d’examens pour les élèves en situation de handicap.
- Ministère de l’Éducation nationale, diplôme national du brevet 2026 : les nouveautés — part du contrôle continu ramenée à 40 %.
- Éduscol, UEEA, UEMA et dispositifs intégrés — nature des unités recensées dans la liste ministérielle des établissements TND.
- Ministère chargé des personnes handicapées, liste des établissements scolaires accueillant des élèves avec troubles du neurodéveloppement — fichier dont la colonne « dispositif » ne comporte que des UEMA, UEEA et dispositifs d’autorégulation.
- Edeys, grille tarifaire et modalités d’inscription, consultée le 2 août 2026 — l’établissement n’indique pas l’année scolaire de référence.
- CRPS Bousquet, frais de scolarité 2024-2025, consultés le 2 août 2026.
- CERENE, foire aux questions officielle, consultée le 2 août 2026 — statut hors contrat, brevet en candidat libre, absence de dispositif fiscal, aide au transport, taux de refus.
- Actu.fr, « Lille : on a poussé les portes de l’école Cerene », 13 janvier 2025 — montant mensuel des frais de scolarité.
- Handicap.fr, « Dys : des écoles spécialisées pour un apprentissage adapté », 29 août 2025 — effectifs, ordre de grandeur des frais, mise en perspective des taux de réussite communiqués.
Les montants et les informations d’établissement ont été relevés le 2 août 2026. Ils évoluent : confirmez-les auprès des établissements avant toute décision. Notre méthode de vérification.