GEVA-Sco : quel formulaire, qui le remplit, et quoi écrire dedans
Il existe deux formulaires GEVA-Sco, et un seul est le bon selon la situation de l’élève. Une fois le bon formulaire ouvert, la vraie difficulté commence : savoir ce qu’on écrit dans les cases, et ce qu’on n’y écrit pas. Cette page suit le document rubrique par rubrique, dans l’ordre où il se remplit.
Formulaires officiels, arrêté et manuel de la CNSA cités et datés · notre méthode et nos sources

De quel GEVA-Sco avez-vous besoin ?
Deux questions suffisent à trancher. Les deux réponses sont affichées plus bas si vous préférez les lire directement.
L’élève a-t-il déjà un projet personnalisé de scolarisation (PPS) notifié par la MDPH ?
Un PPS notifié, c’est un courrier de la MDPH reçu par la famille. Une aide déjà en place sans courrier de la MDPH — PAP, PPRE, aide du RASED — ne compte pas.
Votre formulaire
GEVA-Sco première demande — 6 pages
| Dans quelle réunion | Une équipe éducative, convoquée par le directeur d’école ou le chef d’établissement. Le formulaire y est renseigné à la demande de la famille (ou de l’élève majeur) : l’équipe peut proposer la démarche, c’est la famille qui la demande et qui saisit la MDPH. |
|---|---|
| Qui le renseigne | L’équipe éducative, collectivement, en dialogue avec la famille — pas une personne seule chez elle. |
| Qui le transmet | La famille (ou l’élève majeur), en le joignant à son dossier MDPH. |
| À avoir sous la main | Le livret scolaire, les aménagements déjà en place (PAP, PPRE, PAI), les comptes rendus des professionnels qui suivent l’élève, l’emploi du temps réel de la semaine. |
Attention : ce formulaire ne suffit pas à lui seul. Il se joint au dossier de demande MDPH, qui est un autre document. Voir le détail.
Votre formulaire
GEVA-Sco réexamen — 8 pages
| Dans quelle réunion | Une équipe de suivi de la scolarisation (ESS), réunie par l’enseignant référent, au moins une fois par an. |
|---|---|
| Qui le renseigne | L’enseignant référent. Le document constitue le compte rendu de la réunion. |
| Qui le transmet | L’enseignant référent, en accord avec la famille : à la MDPH, à la famille, et au directeur d’école ou chef d’établissement. |
| À avoir sous la main | Le PPS en cours, les bilans de la période écoulée, les missions réellement assurées par l’AESH s’il y en a un, les comptes rendus des professionnels. |
Deux pages en plus : le réexamen contient un bilan de la période écoulée et des perspectives que la première demande n’a pas. Voir ce que ça change.
En bref
- Deux formulaires seulement : première demande (6 pages) et réexamen (8 pages, souvent appelé renouvellement). Ils sont annexés à un arrêté de 2015 et n’ont pas changé depuis.
- Le GEVA-Sco n’est pas le dossier MDPH : il s’y joint. Le dossier, c’est le formulaire Cerfa de demande et le certificat médical.
- Le cœur du document, ce sont deux pages d’observation cotées A, B, C, D. Ce ne sont pas des notes, et un C ou un D oblige à écrire un commentaire.
- Selon les départements, il se remplit encore en PDF ou déjà en ligne dans le livret de parcours inclusif. Le modèle réglementaire, lui, est le même.
Le GEVA-Sco en une minute
GEVA-Sco est l’abréviation de « guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation ». C’est le volet scolaire du GEVA, l’outil d’évaluation qu’utilisent les équipes des maisons départementales des personnes handicapées. Concrètement, c’est le document par lequel l’école décrit à la MDPH ce que l’élève fait, ce qu’il ne fait pas, et dans quelles conditions.
Il circule dans un seul sens : de l’école vers la MDPH. Ce qui revient ensuite, dans l’autre sens, s’appelle le projet personnalisé de scolarisation. Confondre les deux fait perdre du temps à beaucoup de familles.
- Un recueil d’informations sur les conséquences des troubles dans la scolarité.
- Une observation partagée, construite à plusieurs.
- Un outil de dialogue entre la famille et l’équipe.
- Le document qui remplace tous les anciens supports de demande liés à la scolarisation.
- Un formulaire de demande : il ne remplace pas le Cerfa.
- Un document qui couvre toute la vie de l’enfant — seulement sa scolarité.
- Un questionnaire à remplir seul dans son coin.
- Une liste de préconisations : le formulaire le dit lui-même en dernière page — « il ne préjuge pas des avis et des décisions de la CDAPH ».
« Dossier GEVA-Sco » : l’expression n’existe pas, et c’est un piège
Beaucoup de familles cherchent « comment obtenir un dossier GEVA-Sco » ou « où envoyer le dossier GEVA-Sco ». Il n’y a pas de dossier GEVA-Sco. Il y a un dossier de demande MDPH, qui se compose au minimum :
- du formulaire de demande Cerfa n° 15692*01, rempli et déposé par la famille ;
- d’un certificat médical Cerfa n° 15695*01 de moins d’un an ;
- d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile ;
- et, pour tout ce qui touche à la scolarité, du GEVA-Sco.
Envoyer le GEVA-Sco seul, c’est envoyer une pièce sans dossier. Elle sera au mieux mise en attente.
Première demande ou réexamen : le tableau qui tranche
Le mot officiel est « réexamen ». Dans les écoles et dans les familles, on dit plus souvent « renouvellement ». C’est le même document.
| GEVA-Sco première demande | GEVA-Sco réexamen | |
|---|---|---|
| Pour quel élève | Un élève qui n’a pas encore de PPS | Un élève qui a déjà un PPS notifié |
| Réunion | Équipe éducative | Équipe de suivi de la scolarisation (ESS) |
| Qui renseigne | L’équipe éducative | L’enseignant référent |
| Qui transmet à la MDPH | La famille, avec son dossier | L’enseignant référent, en accord avec la famille |
| Nombre de pages | 6 | 8 |
| En-tête | Année scolaire, date de l’équipe éducative | Idem, plus le numéro de dossier MDPH déjà attribué |
| Rythme | Une fois, à l’ouverture des droits | Au moins une fois par an, et à chaque évolution |
Ce que le réexamen contient en plus — et ce qu’il perd
Les cinq premières pages des deux formulaires sont quasiment identiques. Deux différences comptent, et elles ne sont écrites nulle part ailleurs.
En plus, deux pages entières : un bilan de la période écoulée — quatre rubriques sur les aménagements pédagogiques, le dispositif collectif (ULIS, unité d’enseignement, SEGPA), les missions réellement assurées par la personne chargée de l’aide humaine, et les accompagnements ou soins — puis des perspectives. C’est là que se joue, en pratique, la reconduction d’un accompagnement ou d’un matériel. Une page de bilan bâclée est une reconduction fragilisée.
La rubrique consacrée au dispositif collectif suppose de savoir ce que l’on décrit : ce que le regroupement ULIS organise réellement.
En moins : les cases PPRE et PAP ne figurent que dans le formulaire de première demande. Dans le réexamen, la rubrique des plans formalisés ne propose plus que le PAI, les mesures éducatives et « autres ». Un PAP encore actif se mentionne donc en commentaire, pas en case à cocher.
Équipe éducative ou équipe de suivi de la scolarisation ?
Les deux réunions se ressemblent : on est autour d’une table, avec la famille et les professionnels. Elles n’ont ni le même déclencheur ni le même animateur.
L’équipe éducative est convoquée par le directeur d’école ou le chef d’établissement. Elle réunit les parents, les enseignants, souvent le psychologue de l’Éducation nationale, parfois le médecin scolaire, et les professionnels extérieurs que la famille souhaite associer. Elle peut se tenir sans qu’aucune MDPH ne soit dans la boucle.
L’équipe de suivi de la scolarisation est réunie par l’enseignant référent, et n’existe que pour les élèves qui ont déjà un PPS. Elle suit la mise en œuvre de ce projet et en fait le bilan. Si l’élève n’a pas de PPS, il n’y a pas d’ESS.
Où trouver le formulaire — et êtes-vous sur la bonne version ?
Deux voies coexistent aujourd’hui, et elles ne dépendent pas de vous mais de l’état de déploiement dans votre département.
La voie en ligne : le livret de parcours inclusif
Le livret de parcours inclusif (LPI) est une application de l’Éducation nationale, dont le traitement de données est encadré par le décret n° 2021-1246 du 29 septembre 2021. Elle permet à l’équipe pédagogique de renseigner et d’éditer, dans un même endroit, le PPRE, le PAP, le document de mise en œuvre du PPS et le GEVA-Sco première demande — c’est la liste officielle publiée par Éduscol. Une fiche de prise en main du GEVA-Sco réexamen existe également, signe de son déploiement en cours, mais la disponibilité varie encore selon les départements.
Ce que ça change concrètement : l’identité de l’élève et ses données de scolarité sont récupérées automatiquement depuis les bases de l’Éducation nationale, il n’y a plus de double saisie, et une interface dédiée relie le livret au système d’information des MDPH. Depuis le 10 juillet 2023, les familles peuvent consulter, depuis le portail Scolarité services, les aménagements posés dans le livret ; une synthèse peut leur être éditée.
Ce que le LPI ne change pas. Le dépôt du dossier auprès de la MDPH reste à la charge de la famille, avec le Cerfa. Le livret fait circuler l’information entre l’école et la MDPH ; il ne dépose pas la demande à votre place.
La voie PDF : les deux annexes de l’arrêté
Là où le livret n’est pas encore ouvert pour ce type de document, on utilise les formulaires PDF interactifs. Ils sont annexés à l’arrêté du 6 février 2015 et publiés au Bulletin officiel ; leur manuel d’utilisation, lui, est publié par la CNSA. Les académies et les circonscriptions rediffusent les deux sur leurs propres pages. Ils s’ouvrent avec un lecteur PDF, se remplissent à l’écran et s’enregistrent avant d’être imprimés.
Le piège du millésime
« GEVA-Sco 1re demande 2020 », « réexamen 2022 », « version 2019 modifiable » : ces recherches sont très fréquentes, et elles reposent sur un malentendu. Le modèle n’a pas changé depuis l’arrêté du 6 février 2015. Les millésimes qu’on voit dans les noms de fichiers sont ceux des republications académiques, pas des versions du document.
Deux repères fiables : les deux formulaires portent en pied de première page la mention « Version 2 – décembre 2014 », qui est le seul vrai numéro de version ; et le formulaire de première demande fait six pages avec la mention « PREMIÈRE DEMANDE » en pied de page, celui de réexamen huit. Si ces repères sont là, vous avez le bon document, quelle que soit la date dans le nom du fichier.
Remplir le GEVA-Sco, rubrique par rubrique
Ce qui suit reprend le document dans l’ordre des pages, avec les précisions du manuel d’utilisation publié par la CNSA et la direction générale de l’enseignement scolaire.
Page 1 — Identification
Élève, représentants légaux, établissement, coordonnées de l’enseignant référent du secteur. Un point mérite l’attention : la date de la réunion — équipe éducative ou ESS selon le formulaire — est obligatoire. C’est elle qui date l’observation. Un GEVA-Sco sans date de réunion est un document sans repère temporel pour la MDPH.
La même page ouvre le parcours de scolarisation. Le manuel demande d’y mentionner les étapes (classes suivies, maintien, orientation, scolarité par correspondance, période de déscolarisation), leurs durées respectives, et ce qui a permis — complètement, partiellement ou pas du tout — cette scolarisation. Le niveau de détail s’adapte à l’âge : année par année en primaire, par cycle au lycée.
Page 2 — Conditions actuelles de scolarisation
Trois blocs de cases à cocher : les plans et projets formalisés (PAI, PPRE et PAP en première demande, mesures éducatives, autres), l’accompagnement et les soins (RASED, SAPAD, CNED, soins hospitaliers, CAMSP, CMP, CMPP, établissement médico-social, SESSAD, soins en libéral), et les conditions matérielles (aménagements pédagogiques, outils de communication, matériel informatique, matériel pour déficience auditive ou visuelle, mobilier, transport).
La règle qui fait toute la différence : une case cochée sans commentaire ne vaut rien. Le manuel demande, dès qu’une case est cochée, d’indiquer les professionnels qui interviennent, la fréquence, le type de prise en charge et surtout les effets sur la situation scolaire. Cocher « SESSAD » dit qu’il y a un SESSAD ; écrire « SESSAD, deux séances par semaine sur le temps scolaire depuis janvier, la reprise en classe après la séance est difficile » dit quelque chose d’utile.
Les « mesures éducatives » ont un sens précis dans ce formulaire : celles qui relèvent de l’aide sociale à l’enfance ou d’une décision judiciaire. Ce n’est pas la case des aménagements pédagogiques.
Page 2 — Évaluation de la scolarité
Cette rubrique est à renseigner obligatoirement, dans toutes les situations. Elle demande le niveau d’enseignement dans les apprentissages, et précise : si le niveau n’est pas homogène, il faut le dire. Un élève de CE1 qui est au niveau CP en mathématiques et au niveau CE1 en français doit apparaître comme tel, pas comme « CE1 ».
Vient ensuite un choix entre quatre situations, dans le formulaire de première demande, qui croisent deux questions : la scolarité s’est-elle faite avec ou sans aménagements, et a-t-elle permis ou non les acquisitions attendues pour la classe d’âge. C’est le seul endroit du document où l’on dit, en une case, si ce qui a été mis en place a suffi. Le formulaire de réexamen, lui, ne propose que deux situations.
Page 3 — Emploi du temps actuel
Une grille semaine, matin, midi, après-midi. Ce n’est pas l’emploi du temps des matières. Le manuel est explicite : il ne s’agit pas de préciser l’agenda scolaire avec les disciplines ou les heures d’enseignement, mais les temps de vie — temps de scolarisation, temps d’inclusion, interventions des services de soins, activités périscolaires — avec leurs durées et leurs lieux.
C’est la page qui montre, sans un mot de commentaire, qu’un élève passe deux demi-journées par semaine hors de sa classe.
Pages 4 et 5 — Observation des activités : la cotation A, B, C, D
C’est le cœur du document, et la partie où l’on se trompe le plus. Trente-deux activités sont réparties en cinq domaines : tâches et exigences générales, relation avec autrui (s’orienter dans le temps et dans l’espace, fixer son attention, mémoriser, gérer sa sécurité, respecter les règles de vie, avoir des relations conformes aux règles sociales, maîtriser son comportement) ; mobilité et manipulation ; entretien personnel ; communication ; et tâches et exigences en relation avec la scolarité (lire, écrire, calculer, organiser son travail, contrôler son travail, accepter des consignes, suivre des consignes, s’installer dans la classe, utiliser des supports pédagogiques, utiliser du matériel adapté, prendre des notes, participer aux sorties scolaires).
Les quatre cotations
- A — activité réalisée sans difficulté et seul.
- B — activité réalisée avec des difficultés ponctuelles et/ou une aide ponctuelle.
- C — activité réalisée avec des difficultés régulières et/ou une aide régulière.
- D — activité non réalisée.
Et les trois interdits
- Ce ne sont pas des notes. Le manuel le dit mot pour mot : il ne s’agit pas de valoriser un progrès. Un élève qui a beaucoup progressé mais qui a toujours besoin d’une aide régulière reste en C.
- On ne coche pas entre deux cases. La nuance se met dans les commentaires, pas dans une croix à cheval.
- Un C ou un D oblige à commenter, et le formulaire demande de remplir les deux cases en vis-à-vis. Sans commentaire, la MDPH a une croix et rien d’autre — et une croix ne décrit pas un besoin. Pour A et B, le manuel « conseille fortement » de commenter aussi : c’est là qu’on dit ce qui fonctionne.
Une colonne « sans objet » existe. Elle sert aux items qui ne sont pas pertinents pour cet élève. Elle n’est pas interchangeable avec D : D signifie que l’activité n’est pas réalisée, « sans objet » qu’il n’y a pas lieu de l’évaluer.
Enfin, la référence de comparaison n’est ni la classe ni la moyenne du groupe : c’est ce qu’on attend d’un élève du même âge sans problème de santé, en tenant compte de la fatigabilité, de la lenteur ou de la douleur. Et l’on cote ce qui se passe habituellement, pas le meilleur jour ni le pire.
Les deux cadres : obstacles et points d’appui
En face de chaque groupe d’activités, deux colonnes de commentaires. Elles ne demandent pas la même chose, et beaucoup de formulaires arrivent à la MDPH avec les deux remplies de la même façon.
Ce qui empêche, limite ou explique la difficulté : l’accessibilité des locaux, le bruit, l’effectif de la classe, l’organisation et l’enchaînement des temps de la journée, l’absence d’un outil.
Ce qui facilite : les aménagements déjà en place, l’apport d’un PPRE, d’un PAI ou d’un PAP, une place précise dans la classe, un support adapté, une aide déjà efficace, les domaines où l’élève réussit.
Ce n’est pas un détail administratif. Un cadre « points d’appui » bien rempli montre à la MDPH ce qui marche déjà — et donc ce qu’il faut maintenir. Un cadre laissé vide donne l’image d’un élève sans ressource, ce qui n’aide personne. Le manuel demande aussi de ne pas y renvoyer aux comptes rendus des professionnels : on décrit l’activité observée, on ne recopie pas un bilan.
Un point que presque personne ne signale : dans une première demande, les aides mentionnées dans ces deux cadres s’entendent hors aide humaine. C’est logique — l’aide humaine est précisément ce que la MDPH n’a pas encore accordé. Décrire un élève « autonome avec l’AESH » dans une première demande est une erreur de rédaction fréquente.
Évolutions observées et perspectives
Rubrique obligatoire dans toutes les situations. On y indique les évolutions constatées et les actions à venir. Le manuel pose une limite nette : « il ne s’agit ni d’une conclusion de l’équipe ni d’une prescription ». Autrement dit, on ne demande pas ici un AESH ou un ordinateur — c’est l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH qui évalue, et la CDAPH qui décide.
Pour les élèves de 16 à 25 ans, le projet professionnel doit y figurer : les aspirations, les étapes envisagées, les évolutions observées.
Réexamen, pages 6 et 7 — Bilan de la période écoulée
Quatre rubriques, à traiter au regard du PPS précédent, et avec la même question à chaque fois : qu’est-ce que cela a réellement facilité ?
- Les aménagements et adaptations pédagogiques, matériel pédagogique adapté compris.
- Le dispositif collectif de scolarisation s’il y en a un : ULIS SEGPA ou une unité d’enseignement.
- Les missions réalisées par la personne chargée de l’aide humaine — et leurs effets. C’est la rubrique qui pèse le plus lourd dans une demande de reconduction d’AESH.
- Les accompagnements et soins : qui intervient, à quelle fréquence, avec quel impact sur la scolarisation.
Les perspectives ferment le document : les objectifs pédagogiques et les axes à travailler. Là encore, ni conclusion, ni prescription, ni proposition de nouveau PPS.
Dernière page — Remarques de l’élève et de ses parents, remarques des professionnels
Deux cadres distincts, et c’est volontaire. Le manuel prévoit que chacun y reporte ses remarques et ses attentes, y compris ses divergences de points de vue. Le GEVA-Sco n’a pas à être un texte consensuel : un désaccord écrit noir sur blanc est une information utile pour la MDPH, pas un blocage.
En pratique, c’est souvent la personne qui rédige le document qui synthétise les propos de la famille. D’où le réflexe à prendre : relire ce paragraphe avant que le document parte, et demander une correction s’il ne dit pas ce qui a été dit.
Participants à la réunion
La formule du manuel mérite d’être citée telle quelle : cette rubrique « n’est pas une feuille d’émargement, dans la mesure où le contenu du GEVA-Sco n’est pas opposable comme peut l’être une décision prise par la CDAPH ». On y liste les personnes qui ont contribué au recueil d’informations, avec leur fonction. Rien de plus.
C’est aussi la réponse la plus claire à la question de la signature, sur laquelle beaucoup d’énergie se perd. Voir plus bas, dans les erreurs.
Ce qu’on écrit, et ce qu’on n’écrit pas
C’est la difficulté que personne ne traite, et la question qui revient le plus souvent chez les enseignants : par quoi remplacer les formules toutes faites ? La règle tient en une phrase : on décrit ce qu’on observe, on ne diagnostique pas et on ne prescrit pas. Le diagnostic appartient aux professionnels de santé, la compensation à la MDPH.
| À éviter | À écrire |
|---|---|
| « Élève dyslexique. » | « Déchiffre encore syllabe par syllabe en fin de CE2 ; lit un texte de 8 lignes en 4 minutes, là où le temps attendu à ce niveau de classe est d’environ 1 minute. » |
| « Ne fait pas d’efforts. » | « Se met au travail après 5 à 10 minutes ; démarre immédiatement quand la consigne est reformulée oralement et écrite au tableau. » |
| « Aurait besoin d’un AESH. » | « Ne parvient pas à copier une leçon complète depuis le tableau ; a besoin d’une reprise individuelle de la consigne à chaque exercice écrit. » |
| « Élève agité. » | « Se lève 6 à 8 fois par heure en classe entière ; reste assis toute la séance lorsqu’il travaille en petit groupe au fond de la classe. » |
| « Fatigue. » | « Les productions de l’après-midi sont inachevées trois jours sur quatre, alors que les mêmes exercices sont terminés le matin. » |
| « Bon élève malgré son handicap. » | « Résultats conformes aux attendus en mathématiques ; les acquisitions ont été obtenues avec un tiers de temps supplémentaire et des supports agrandis. » |
| « Problèmes familiaux. » | Rien de la vie privée. Seules les mesures éducatives au sens du formulaire — aide sociale à l’enfance, décision judiciaire — se cochent, avec leurs effets sur la scolarité. |
| « Voir le bilan de l’orthophoniste. » | Ce que l’on observe soi-même en classe. Le bilan se joint en document complémentaire, il ne se remplace pas par un renvoi. |
Trois repères pour se relire : est-ce que quelqu’un qui ne connaît pas cet élève verrait la scène ? Est-ce qu’un chiffre, une fréquence ou une durée pourrait remplacer un adverbe ? Est-ce que j’écris une observation, ou une conclusion ?
Côté enseignant du second degré
Vous ne remplissez pas le formulaire, mais on vous demande d’y contribuer, souvent par écrit et en quelques lignes. Le plus utile n’est pas un jugement global sur l’élève, c’est ce que vous seul voyez : le temps qu’il met à copier, ce qu’il rend d’un devoir surveillé, ce qui change quand vous donnez la consigne autrement. Deux observations précises valent mieux qu’un paragraphe.
Côté famille : ce que vous pouvez demander
Le GEVA-Sco est écrit par l’école, mais il n’est pas écrit sans vous. Quatre points sont explicitement prévus.
- Demander le document avant la réunion. Le manuel demande à chacun de préparer sa synthèse en amont ; rien n’interdit à la famille de faire de même. Arriver avec ses observations écrites change la teneur de la réunion.
- Faire figurer vos remarques. Un cadre entier vous est réservé, et le désaccord y a sa place. Si vos propos y sont mal retranscrits, demandez la correction avant l’envoi.
- Repartir avec une copie. Le manuel est clair : une copie du GEVA-Sco finalisé lors de la réunion doit être remise aux parents. Ce n’est pas une faveur.
- Joindre des documents complémentaires. Le PAP, le PPRE, le PAI, un bulletin scolaire, une production de l’élève, un rapport de stage : le formulaire le prévoit expressément.
- Être présent : l’ESS ne peut pas se tenir sans vous. La circulaire du 8 août 2016 est explicite : l’équipe de suivi de la scolarisation ne peut pas se réunir en l’absence de l’élève ou, s’il est mineur, de son représentant légal. C’est le droit le plus fort du dispositif, et le moins connu.
- Venir accompagné. La même circulaire prévoit que la famille peut se faire accompagner ou représenter par la ou les personnes de son choix — un proche, un professionnel qui suit l’enfant, un représentant d’association.
Si le document est déjà parti et que quelque chose ne va pas, ce n’est pas perdu : un GEVA-Sco ne se conteste pas, il se corrige — et ce qui se conteste, c’est la décision qui viendra ensuite.
Les six erreurs qui coûtent le plus
Faux
« Tant que les parents ne signent pas, le dossier ne part pas. »
La rubrique des participants n’est pas une feuille d’émargement, et aucun texte ne prévoit de signature des parents sur le GEVA-Sco. Refuser de signer ne bloque rien et ne protège de rien. Ce qui a un effet, c’est d’écrire son désaccord dans le cadre prévu.
Faux
« Le GEVA-Sco envoyé, la demande est déposée. »
Non : il ne remplace pas le Cerfa. Sans le formulaire de demande et le certificat médical, il n’y a pas de dossier — donc pas d’instruction, et pas de délai qui court.
Faux
« Cet item ne le concerne pas, je coche D. »
D veut dire « activité non réalisée » — c’est la cotation la plus lourde du document. Pour un item non pertinent, la colonne « sans objet » existe. Confondre les deux fabrique un profil qui ne ressemble pas à l’élève.
Faux
« Il a bien progressé cette année, je monte sa cotation. »
A, B, C, D ne sont pas des notes et ne valorisent pas un progrès. Un élève qui progresse mais garde besoin d’une aide régulière reste en C. Le progrès s’écrit dans les commentaires et dans la rubrique des évolutions ; le remonter dans la cotation revient à demander la fin d’une aide qui fonctionne.
Faux
« Je remplis le GEVA-Sco chez moi le week-end, ça ira plus vite. »
Le document n’est pas « un outil à renseigner individuellement ». On peut préparer sa contribution en amont — c’est même recommandé — mais l’analyse se fait collectivement et la rédaction se finalise en réunion, avec la famille présente.
Faux
« Je détaille tout, plus il y en a mieux c’est. »
Le document doit rester synthétique et ne concerne que les temps de vie relatifs à la scolarité. Seules les informations utiles à l’évaluation des besoins doivent y figurer. Les bilans détaillés se joignent en documents complémentaires.
Et après ? De la réunion à la décision
Le GEVA-Sco n’est qu’une étape. Voici ce qui suit, avec les deux délais de quatre mois qu’on confond souvent — ils ne mesurent pas la même chose et ne courent pas dans le même sens.
1 · La réunion
Équipe éducative ou ESS. Le document est finalisé sur place. Une copie est remise à la famille.
2 · Le dépôt
En première demande, la famille dépose son dossier à la MDPH avec le GEVA-Sco. Premier délai de quatre mois : lorsque la famille n’est pas à l’initiative de la démarche, le directeur ou le chef d’établissement l’informe qu’elle dispose de quatre mois pour constituer et transmettre le dossier. Passé ce délai sans saisine, le directeur académique informe la MDPH, qui engage le dialogue avec la famille. En réexamen, c’est l’enseignant référent qui transmet.
3 · L’évaluation
L’équipe pluridisciplinaire de la MDPH étudie la situation à partir du GEVA-Sco, du certificat médical et des autres éléments, puis formule des propositions.
4 · La décision
Avant la décision, le projet de PPS est transmis à la famille, qui dispose de 15 jours pour formuler ses observations — la commission en est informée. C’est le dernier moment où l’on peut peser avant que la décision soit prise. La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées décide ensuite. Second délai de quatre mois : c’est le temps dont dispose la MDPH pour répondre à compter du dépôt. Son silence au terme de ces quatre mois vaut rejet — et ouvre donc les voies de recours.
5 · La notification, puis la mise en œuvre
La décision est notifiée à la famille et transmise à l’Éducation nationale — qui doit appliquer la notification, et jusqu’à quand, se lit à part. Le projet personnalisé de scolarisation prend le relais, et c’est l’équipe de suivi de la scolarisation qui en assure le suivi — avec, chaque année, un nouveau GEVA-Sco réexamen.
Questions fréquentes
Qui remplit le GEVA-Sco ?
Cela dépend du formulaire. La première demande est renseignée par l’équipe éducative, réunie par le directeur d’école ou le chef d’établissement, à la demande de la famille ou de l’élève majeur : l’école peut proposer la démarche, mais elle ne la déclenche pas à la place de la famille. L’enseignant référent peut concourir au recueil des éléments. Le réexamen est renseigné par l’enseignant référent lors de l’équipe de suivi de la scolarisation, dont il constitue le compte rendu. Dans les deux cas, c’est un travail collectif finalisé en réunion, jamais une rédaction solitaire.
Faut-il signer le GEVA-Sco ?
Non. Le formulaire ne comporte pas de case de signature, et la rubrique « participants à la réunion » n’est pas une feuille d’émargement : elle liste qui a contribué au recueil d’informations. Le contenu du GEVA-Sco n’est pas opposable, contrairement à une décision de la CDAPH. Ce qui compte, c’est que vos remarques figurent bien dans le cadre qui vous est réservé.
Où trouver un GEVA-Sco vierge ?
Les deux modèles sont annexés à l’arrêté du 6 février 2015, publiés au Bulletin officiel, et rediffusés par les académies et les circonscriptions. Selon les départements, le formulaire est désormais renseigné directement dans le livret de parcours inclusif : dans ce cas, c’est l’école qui ouvre le document, il n’y a pas de fichier à télécharger soi-même.
Existe-t-il un exemple de GEVA-Sco rempli ?
Aucun modèle rempli n’a de valeur officielle, et copier les formulations d’un autre élève est le meilleur moyen de produire un document qui ne décrit personne. Ce qui est utile, ce sont les repères de formulation — décrire au lieu de qualifier, chiffrer au lieu d’estimer — et la lecture rubrique par rubrique ci-dessus. Quelques circonscriptions diffusent des formulaires commentés, très utiles, à demander à l’enseignant référent.
Quelle différence entre le GEVA-Sco et le PPS ?
Le GEVA-Sco est un recueil d’observations qui part de l’école vers la MDPH. Le PPS est le projet personnalisé de scolarisation qui revient de la MDPH vers la famille et l’école, après décision de la CDAPH. Le premier décrit une situation, le second organise une réponse. Un GEVA-Sco ne donne aucun droit par lui-même.
Peut-on déposer un dossier MDPH sans GEVA-Sco ?
Pour une demande qui porte sur la scolarisation, non : le GEVA-Sco est le document par lequel les échanges se font entre l’Éducation nationale et la MDPH, et il remplace tous les anciens supports de demande d’accompagnement, de matériel pédagogique adapté ou d’orientation. Si l’école tarde à organiser la réunion, la démarche à suivre passe par l’enseignant référent, puis par l’inspection de circonscription.
À quelle fréquence refait-on un GEVA-Sco ?
Une fois la première demande faite, l’équipe de suivi de la scolarisation évalue le projet personnalisé de scolarisation et sa mise en œuvre au moins une fois par an : ce bilan annuel prend la forme d’un GEVA-Sco réexamen. Une évolution de la situation en cours d’année peut justifier une nouvelle demande, transmise par la famille.
Sources
- Arrêté du 6 février 2015 relatif au guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation (GEVA-Sco), NOR MENE1502719A, Bulletin officiel n° 8 du 19 février 2015 — et ses deux annexes (formulaires première demande et réexamen). education.gouv.fr
- CNSA et direction générale de l’enseignement scolaire, Manuel d’utilisation du GEVA-Sco, septembre 2016, 18 p. cnsa.fr
- Code de l’éducation, article D. 351-10 (équipe de suivi de la scolarisation, transmission du GEVA-Sco réexamen) et article L. 112-2-1.
- Éduscol, « Le livret de parcours inclusif (LPI) », mise à jour mai 2026 ; décret n° 2021-1246 du 29 septembre 2021. eduscol.education.gouv.fr
- Service-Public, formulaire Cerfa n° 15692*01 « Demande auprès de la MDPH » et certificat médical Cerfa n° 15695*01, vérifié le 13 juillet 2026. service-public.fr
- Circulaire n° 2016-117 du 8 août 2016, parcours de formation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires.