Outils et adaptations
Police pour la dyslexie : ce que la recherche mesure, et les réglages qui aident vraiment
Quand un élève dyslexique peine sur un texte, la première idée qui vient est de changer la police. L’intention est juste : un document mal composé fatigue tout le monde, et davantage un lecteur en difficulté. Mais l’objet sur lequel elle se porte — une police dessinée exprès — est celui dont la recherche mesure le moins d’effet. Ce qui aide réellement se trouve deux réglages plus loin, dans un menu que presque personne n’ouvre.

Par la rédaction de Différenciation. Nous ne revendiquons aucune expérience de terrain : notre travail consiste à lire les études, les textes officiels et les avis des sociétés savantes, puis à les restituer. Nous ne vendons ni police, ni matériel, ni application, et cette page ne comporte aucun lien commercial. Notre méthode · Qui nous sommes
En bref
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- Les polices conçues pour les dyslexiques ne font pas lire plus vite ni plus juste qu’une police courante correctement espacée. Quatre études indépendantes, dans quatre pays, l’ont mesuré séparément.
- Ce qui produit un effet, c’est l’espacement, pas le dessin des lettres. Une étude franco-italienne a divisé par deux les erreurs de lecture d’enfants dyslexiques en espaçant le texte.
- Mais espacer les lettres sans espacer les mots dégrade la lecture. Le conseil le plus répandu est incomplet — et incomplet, il nuit.
- Les lunettes et lampes dites « anti-dyslexie » n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Le Conseil scientifique de l’éducation nationale estime « qu’il n’y a pas lieu de diffuser ces dispositifs au sein de l’éducation nationale ». L’Assurance maladie ne les prend pas en charge.
- Les outils qui changent le quotidien d’un élève sont ailleurs : synthèse vocale, dictée, prédiction de mots.
La fiche : tous les réglages sur une page
Les valeurs, le mode d’emploi dans Word et LibreOffice, et ce qui n’est pas démontré. Une page A4, prête à afficher près du poste de travail.
Les polices « dys » n’améliorent pas la lecture, et ce n’est pas une opinion
Deux polices ont été dessinées spécifiquement pour les lecteurs dyslexiques et se sont largement diffusées dans les écoles françaises. Dyslexie, créée en 2008 par le designer néerlandais Christian Boer, est payante. OpenDyslexic, créée en 2011 par Abelardo Gonzalez, est distribuée sous licence libre. Elles se ressemblent — lettres lestées à la base, ouvertures élargies, inclinaisons différenciées — et reposent sur la même idée : donner à chaque lettre une silhouette assez singulière pour qu’elle ne puisse plus être confondue avec une autre.
L’idée est séduisante. Elle a été testée. Et elle ne tient pas.
| Étude | Participants | Ce qui est comparé | Résultat |
|---|---|---|---|
| Wery & Diliberto, 2017 États-Unis | Élèves d’école élémentaire, en école spécialisée | OpenDyslexic vs Arial vs Times New Roman, sur trois tâches | Aucune amélioration de la vitesse ni de l’exactitude de lecture |
| Marinus et al., 2016 Australie | 39 lecteurs faibles, environ 9 ans et demi | Dyslexie vs trois versions d’Arial | +7 %… qui disparaît quand Arial reçoit les mêmes espacements |
| Kuster et al., 2018 Pays-Bas | 170 enfants dyslexiques, de 7 à 12 ans | Dyslexie vs Arial, corps ajusté | Aucune différence de vitesse ; exactitude non significative |
| Galliussi et al., 2020 Italie | 128 enfants, dont 64 dyslexiques | La forme des lettres isolée de l’espacement | Aucun effet du dessin des lettres |
Quatre équipes, quatre pays, trois langues, quatre protocoles différents, et une même absence de résultat. L’étude néerlandaise mérite une mention particulière pour un détail de méthode : les chercheurs ont ajusté le corps des deux polices pour que la police Dyslexie ne bénéficie pas de son avantage de taille — sans quoi le test aurait mesuré la taille des caractères, et non leur dessin.
Les élèves ne les préfèrent même pas
L’argument de repli habituel consiste à dire que les enfants les aiment, et que le confort perçu vaut bien une absence d’effet mesurable. Les données ne le soutiennent pas davantage.
Dans l’étude américaine, aucun participant n’a déclaré préférer lire dans cette police. Dans l’étude néerlandaise, parmi les enfants qui avaient commencé par lire en police Dyslexie, 61,9 % ont finalement préféré Arial, contre 20,2 % pour Dyslexie. Et l’étude espagnole en oculométrie de 2013, portant sur 48 lecteurs dyslexiques, a trouvé OpenDyslexic significativement moins appréciée que Verdana et Helvetica.
Les mêmes chercheurs espagnols ont, dans un second travail, comparé ce que les lecteurs croient qui les aide et ce qui les aide réellement, mesures à l’appui. Leur constat : seule la moitié des participants — dyslexiques comme non dyslexiques — devine correctement quels réglages accélèrent objectivement sa lecture. Le ressenti ne suffit donc pas à choisir un réglage. C’est précisément pour cela qu’il faut regarder ce qui a été mesuré.
Ce que ces études ne disent pas
Il faut être aussi précis dans ce sens-là que dans l’autre.
Elles ne disent pas que ces polices sont nocives. Aucune n’a mesuré de perte de vitesse ou d’exactitude. Un élève qui a pris l’habitude d’OpenDyslexic et s’y trouve bien ne perd rien à continuer ; il gagne simplement moins que ce qu’on lui a promis.
Elles ne disent pas que la forme des lettres ne sert jamais à rien. Une étude de 2022 n’a trouvé aucune différence en lecture de mots ni de textes, mais a observé que la dénomination de lettres isolées était plus fluide en police Dyslexie, chez tous les enfants. La distinction des formes pourrait donc servir à l’apprentissage des lettres, pas à la lecture courante. C’est une piste, pas une conclusion.
Et il n’existe aucune méta-analyse sur le sujet. Ce qui existe est plus solide qu’un article isolé et moins qu’une synthèse formelle : une convergence de résultats indépendants, obtenus dans des pays et des langues différents.
Alors pourquoi certains élèves lisent-ils mieux ? L’espacement, pas le dessin
Reste une observation gênante : certains lecteurs lisent effectivement mieux avec ces polices. Ce n’est pas une illusion. C’est simplement que l’effet ne vient pas d’où l’on croit.
L’expérience qui a isolé la variable
L’équipe australienne de Marinus a construit son protocole pour répondre exactement à cette question. Elle a comparé la police Dyslexie non pas à une, mais à trois versions d’Arial : Arial appariée sur la hauteur des lettres, qui servait de référence ; Arial dont l’espacement global avait été aligné sur celui de Dyslexie ; et enfin Arial dont les espacements entre les lettres et entre les mots avaient été réglés séparément.
Contre la première, la police Dyslexie fait lire 7 % plus vite — 75,7 mots par minute contre 70,4. L’effet est net et statistiquement solide. Mais contre l’Arial dont les espacements ont été alignés séparément, l’écart tombe à 2,1 mots par minute et cesse d’être significatif.
La conclusion des auteurs est sans détour : le bénéfice de la police « semble provenir entièrement de ses réglages d’espacement propres », et il n’est pas nécessaire de modifier la forme des lettres.
Faux
« Les formes très différenciées de ces polices empêchent de confondre les lettres. »
Les mêmes chercheurs ont mesuré informatiquement le recouvrement des lettres entre elles. Résultat : les lettres de Dyslexie sont moins distinctes que celles d’Arial, minuscules comme capitales. La police vendue pour rendre les lettres impossibles à confondre les distingue, en réalité, moins bien qu’une police système présente sur la quasi-totalité des postes.
Diviser les erreurs par deux, sans rien changer d’autre au texte
L’étude qui donne la mesure de ce que peut l’espacement est franco-italienne, publiée en 2012 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Elle a porté sur 74 enfants dyslexiques de 8 à 14 ans, dont 40 français, recrutés à Marseille et à Trieste — le choix de deux langues, l’une à orthographe transparente, l’autre opaque, servant à vérifier que l’effet n’était pas propre à l’italien.
Le texte était composé en Times-Roman corps 14, non justifié, noir sur blanc. Ce qui a été modifié, et rien d’autre : l’espacement entre les lettres, augmenté de 2,5 points typographiques ; trois caractères d’espace entre les mots ; l’interligne doublé — les deux derniers réglages servant, comme l’écrivent les auteurs, à conserver au texte des proportions naturelles. Ils donnent un exemple parlant : l’espace entre le i et le l du mot il passe de 2,7 à 5,2 points.
- Le nombre d’erreurs de lecture est divisé par deux.
- La vitesse gagne environ 0,3 syllabe par seconde, ce que les auteurs décrivent comme « l’amélioration moyenne obtenue au cours d’une année scolaire ».
- L’effet est immédiat, sans aucun entraînement préalable.
- Chez les lecteurs sans difficulté appariés au même niveau de lecture, l’effet n’atteint pas le seuil de significativité : ce n’est pas un confort général, c’est une aide ciblée.
- Plus l’enfant a du mal à identifier les lettres, plus il en profite.
Une seconde expérience, menée en double aveugle sur vingt enfants et cette fois sans toucher à l’interligne, a confirmé que le bénéfice venait bien de l’espacement des lettres. L’explication proposée par les auteurs est l’encombrement visuel : les lecteurs dyslexiques sont anormalement gênés par la proximité des lettres voisines. Écarter les lettres ne corrige pas le trouble ; cela retire un obstacle qui s’y ajoutait.
Le piège : espacer les lettres sans espacer les mots
C’est le point que le conseil courant escamote, et il est décisif. L’étude italienne de 2020 a testé séparément l’espacement entre les lettres et l’espacement entre les mots. Sa conclusion : la vitesse de lecture est dégradée par une augmentation de l’espacement inter-lettres qui n’est pas accompagnée d’une augmentation suffisante de l’espacement entre les mots.
La raison se comprend intuitivement. Si l’on écarte les lettres sans écarter les mots, les mots se mettent à se toucher : le lecteur ne sait plus où l’un finit et où l’autre commence. On a déplacé le problème d’un cran.
Le guide de la British Dyslexia Association donne les deux repères qui manquent partout ailleurs : l’espacement entre les lettres devrait tourner autour de 35 % de la largeur moyenne d’une lettre, et l’espacement entre les mots valoir au moins trois fois et demie l’espacement entre les lettres. Et il prévient dans la même page qu’un espacement excessif réduit la lisibilité.
Et ça ne dure pas. Deux mois plus tard, les enfants de l’étude franco-italienne ont été retestés sur un texte normalement composé : leurs performances étaient revenues au point de départ. L’espacement est une aide d’accès, pas une rééducation. Il permet de lire un document maintenant. Il ne remplace pas le travail de fond, qui reste, du côté du soin, l’affaire de l’orthophonie.
Les réglages qui aident : les chiffres, et où cliquer
Voici ce que les études permettent de recommander, et ce qui relève du guide de bonnes pratiques. La distinction est faite ligne par ligne, parce que les deux registres ne sont pas de même nature.
| Réglage | Sur papier | À l’écran | Statut |
|---|---|---|---|
| Taille de police | 12 à 14 pt, davantage si l’élève le demande | 16 à 19 px ; jusqu’à 18-26 pt selon l’étude espagnole, menée sur un écran de 17 pouces | ✓ Mesuré |
| Espacement des lettres | Environ 35 % de la largeur moyenne d’une lettre ; l’étude franco-italienne utilisait +2,5 pt sur un corps 14 | +7 % à +14 % | ✓ Mesuré |
| Espacement des mots | Au moins 3,5 × l’espacement des lettres | ✓ Mesuré | |
| Interligne | 1,5 (150 %). L’étude espagnole sur les paramètres de mise en page n’a mesuré aucun effet de l’interligne. | Recommandé | |
| Alignement | À gauche, jamais justifié | Recommandé | |
| Longueur de ligne | 60 à 70 caractères | Recommandé | |
| Fond | Clair mais pas blanc pur : crème, pastel. Papier mat | Contraste élevé. Aucun effet de la couleur mesuré en laboratoire. | Recommandé |
| Titres | Au moins 20 % plus grands que le corps | Recommandé | |
Sur la longueur de ligne, une étude américaine de 2013 a mesuré, chez 27 lycéens en difficulté de lecture, un gain de 27 % de vitesse sur des lignes courtes, sans perte de compréhension. Les auteurs assortissent ce résultat d’une réserve qu’on ne cite presque jamais : selon les caractéristiques de chaque lecteur — notamment son empan visuel d’attention — ces aménagements pouvaient produire un bénéfice ou un coût. Là encore, ce qui vaut pour un groupe ne vaut pas automatiquement pour un élève.
Un avertissement que les auteurs de l’étude espagnole tiennent à donner : rien ne prouve que ces effets s’additionnent. Chaque paramètre a été testé isolément. Empiler tous les réglages au maximum ne produit pas un document dix fois plus lisible — cela produit souvent un document illisible.
Le geste exact
Le réglage qui compte le plus est aussi le plus caché. Voici où il se trouve.
Word
Sélectionner le texte, puis Accueil › lanceur de la boîte Police › onglet Paramètres avancés (nommé Avancé sur Mac) › Espacement : Étendu (ou Développé). Commencer à 0,5-1 pt, puis monter.
LibreOffice Writer
Format › Caractère › onglet Position › Espacement, réglable en points. Interligne : Format › Paragraphe.
Google Docs
L’espacement des caractères n’est pas proposé nativement. Il faut passer par un module complémentaire, ou composer le document ailleurs.
Attention à l’espace entre les mots. L’option Étendu de Word ajoute la même valeur après chaque caractère, espaces compris : le rapport entre l’écart des lettres et l’écart des mots ne s’améliore donc pas. Et augmenter simplement la taille de la police ne change rien à ce rapport non plus, puisque tout grandit ensemble. Pour rétablir la respiration entre les mots, deux voies simples : remplacer chaque espace par deux espaces via Rechercher / Remplacer, ou choisir une police dont l’espace-mot est nativement large, comme Verdana ou Tahoma.
Reste l’alignement : si vos documents sont justifiés par habitude, c’est le changement le plus rapide à faire, et l’un des plus utiles.
Ce que vaut le guide de la British Dyslexia Association
Ce guide — la Dyslexia Style Guide, dans sa version de 2023 — est l’une des références les plus reprises sur la mise en page adaptée. Il est clair, chiffré et gratuit. Il faut cependant savoir une chose sur lui : il ne cite aucune source. Aucune référence, aucune étude à l’appui de ses valeurs. Des chercheurs le relevaient déjà en 2013. C’est un guide de bonnes pratiques, pas une synthèse de preuves — et c’est pour cette raison que le tableau ci-dessus distingue ce qui a été mesuré de ce qui est recommandé.
Quelle police choisir, concrètement
Parmi les polices que recommande le guide britannique figurent Arial et Comic Sans en premier rang, puis Verdana, Tahoma, Century Gothic, Trebuchet, Calibri et Open Sans. Comic Sans surprend et divise : elle doit sa présence à ses formes ouvertes et irrégulières, non à un résultat expérimental.
Ce sont ces polices auxquelles les polices « dys » ont été comparées sans être trouvées supérieures, et ce sont celles que les élèves préfèrent quand on le leur demande. Elles ont un avantage que les polices spécialisées n’ont pas : Arial, Verdana, Tahoma et Trebuchet sont présentes sur pratiquement tous les postes, les autres s’installent en une minute — et l’élève les retrouvera dans ses manuels, ses examens et, plus tard, dans sa vie professionnelle.
Une nuance de méthode, souvent mal rapportée. L’étude espagnole en oculométrie de 2013 a bien trouvé que les polices sans empattement produisent des fixations oculaires significativement plus courtes que les polices à empattements. Mais cet avantage ne se traduit pas par un temps de lecture significativement plus court, ni par une préférence marquée des lecteurs. Les auteurs qualifient eux-mêmes leur conclusion sur ce point de « plus faible ». Autrement dit : préférer une sans-empattement est raisonnable, ce n’est pas un levier puissant. Le même travail a en revanche identifié une chose à éviter nettement : parmi les douze polices testées, l’Arial en italique produisait le temps de lecture le plus long, significativement pire que l’Arial romaine.
OpenDyslexic, Dyslexie, EasyReading : ce qu’elles sont vraiment
Un point de vocabulaire d’abord, parce que la confusion est partout, y compris sur les pages qui ressortent en premier : « Dyslexie » et « OpenDyslexic » ne sont pas la même police.
| Police | Auteur | Année | Licence |
|---|---|---|---|
| Dyslexie | Christian Boer | 2008 | payante |
| OpenDyslexic | Abelardo Gonzalez | 2011 | libre |
| EasyReading | Federico Alfonsetti | — | licence commerciale |
Les arguments de conception mis en avant — base lestée, ouvertures élargies, lettres inclinées — sont ceux de la police Dyslexie. Ils sont fréquemment servis sous le nom d’OpenDyslexic, suivis d’un lien de téléchargement vers cette dernière. Ce sont deux objets distincts, de deux auteurs différents, sous deux régimes juridiques différents.
Sur OpenDyslexic, une précision juridique utile : elle est distribuée sous licence libre, ce qui n’est pas la même chose que « libre de droits ». La distinction compte dès qu’un établissement veut la déployer sur son parc ou l’intégrer à un document diffusé.
Sur EasyReading, le cas est intéressant parce qu’il est le seul à présenter un résultat positif. Une étude italienne de 2018, portant sur 533 élèves dont 54 dyslexiques, a mesuré un gain de fluence réel. Deux réserves l’accompagnent, et la première vient des auteurs eux-mêmes : il manquait à leur protocole une version de comparaison en Times New Roman avec espacement élargi, et ils écrivent qu’« une grande partie de l’effet pourrait être due à l’espacement ». Seconde réserve : le gain observé était plus important chez les bons lecteurs que chez les élèves dyslexiques. L’étude italienne de 2020, qui a précisément isolé la variable manquante sur une police quasi identique, n’a trouvé aucun effet de la forme des lettres.
Luciole : une belle police française, mais pour la basse vision
Luciole revient de plus en plus dans les échanges entre enseignants, parfois présentée comme la réponse française à OpenDyslexic. C’est un malentendu qu’il vaut mieux lever.
Luciole a été dessinée par Laurent Bourcellier, avec Jonathan Fabreguettes pour la transcription, au terme de deux ans de collaboration entre le Centre technique régional pour la déficience visuelle de Villeurbanne et un studio de typographie. Elle est distribuée sous licence Creative Commons, gratuitement, y compris pour un usage commercial. C’est un travail remarquable — et son financement, une bourse de la Fondation Ceres, suisse, complétée par une association et un laboratoire de l’université Lyon 2, n’est pas venu de l’État, contrairement à ce qu’on lit souvent.
Elle a été conçue pour les personnes déficientes visuelles. L’étude publiée en 2023 qui l’évalue a porté sur 145 lecteurs, dont 73 en basse vision et 72 normovoyants — aucun groupe dyslexique. Son résultat est une préférence subjective exprimée par environ la moitié des participants en basse vision. OpenDyslexic y figure comme police comparée, ce qui explique probablement la confusion. Deux des auteurs de l’étude font partie de l’équipe du projet.
Rien n’interdit d’utiliser Luciole en classe : c’est une sans-empattement soignée, très lisible et gratuite. Mais elle n’a pas été validée pour la dyslexie, et le site officiel du projet ne le revendique nulle part.
Les quatre choses à éviter
- L’italique — la seule mise en forme de caractère dont l’effet négatif ait été directement mesuré. Utiliser le gras pour marquer.
- La justification — les espaces variables créent des « rivières » blanches verticales et rendent le retour à la ligne suivante plus difficile.
- Les majuscules en texte suivi — elles suppriment la silhouette du mot, qui est un appui de reconnaissance.
- Le soulignement, qui traverse les jambages des lettres et brouille leur bas.
Lunettes et lampes « anti-dyslexie » : le dossier, pièce par pièce
Depuis 2020-2021, des lunettes et une lampe à lumière pulsée sont commercialisées en France en direction des personnes dyslexiques. Elles sont chères, elles ont été très médiatisées, et elles font l’objet d’un débat scientifique que les familles ne voient pas passer. Voici les pièces, dans l’ordre.
D’où vient l’idée
En 2017, deux physiciens de l’université de Rennes 1, Albert Le Floch et Guy Ropars, publient dans les Proceedings of the Royal Society B une étude sur la répartition des récepteurs au centre de la rétine. Ils rapportent une différence entre lecteurs dyslexiques et non dyslexiques, et suggèrent qu’elle pourrait produire des images « en miroir » perturbant la lecture. L’idée fait le tour des médias : la publication est reprise par 83 organes de presse. Leurs travaux reçoivent en décembre 2020 un prix de l’Académie nationale de médecine.
Deux précisions s’imposent, et la première joue en faveur des auteurs. Ce prix est bien réel : l’Académie nationale de médecine ne peut donc pas être rangée du côté des instances critiques. Mais il récompense une publication de recherche fondamentale, pas l’efficacité clinique d’un produit vendu. Le glissement est fréquent dans les argumentaires commerciaux, et il faut le nommer.
Seconde précision : cette hypothèse n’a été répliquée par aucune équipe indépendante. Une réfutation formelle a été publiée dans la même revue en février 2024 par trois chercheurs — Florian Naudet, Mark Seidenberg et Dorothy Bishop — qui relèvent l’absence de réplication et une surinterprétation des données. Les auteurs mis en cause y ont répondu en 2025 ; le débat scientifique reste donc formellement ouvert, même s’il est très déséquilibré.
Ce qu’en dit le Conseil scientifique de l’éducation nationale
En janvier 2021, le Conseil scientifique de l’éducation nationale publie sa note n° 1, rédigée par un groupe de huit chercheurs, dont Caroline Huron et Franck Ramus. Elle est courte, publique et gratuite. Elle rappelle d’abord un point de fond : « le consensus scientifique actuel est que, dans la majorité des cas, la dyslexie est liée à un déficit phonologique ». C’est-à-dire à un trouble du traitement des sons de la langue, non de la vision.
« Concernant les lampes et les lunettes inspirées par cette hypothèse, elles n’ont pas fait l’objet d’études rigoureuses établissant leur efficacité. […] Pour toutes ces raisons, à ce stade, le Conseil scientifique de l’éducation nationale estime qu’il n’y a pas lieu de diffuser ces dispositifs au sein de l’éducation nationale. Il rappelle qu’actuellement, seule la prise en charge en orthophonie est recommandée par la haute autorité de la santé pour les enfants dyslexiques. »
Conseil scientifique de l’éducation nationale, note n° 1, janvier 2021
La même note prend soin d’ajouter que les recherches sur d’éventuels aspects visuels de la dyslexie « restent légitimes et souhaitables ». Ce n’est pas une fermeture de porte scientifique. C’est un refus de diffuser des appareils dont l’efficacité n’est pas établie.
L’UNADREO, société savante de l’orthophonie, a suivi le même chemin en deux temps. En février 2021, elle relevait que « la commercialisation de ces nouvelles technologies a donc été lancée avant même que soient obtenues des preuves de leur efficacité », et ne les recommandait pas. En octobre 2023, elle considère « qu’il est désormais possible de présumer de l’inefficacité » de ces lunettes et lampes.
Les études qui ont testé le principe, et les appareils
Trois travaux publiés depuis 2023 ont testé non plus l’hypothèse de départ, mais la lumière pulsée elle-même — et, pour l’un d’eux, les appareils commercialisés.
Octobre 2023 — une équipe du CEA (NeuroSpin) publie dans les Proceedings of the Royal Society B quatre expériences. Sur 375 adultes lecteurs ordinaires, le scintillement ralentit la reconnaissance des mots. Sur 20 collégiens dyslexiques, il ne produit aucun effet significatif. Sur 22 enfants dyslexiques testés avec la lampe et les lunettes commercialisées elles-mêmes, aucun impact détectable n’est observé. Une quatrième expérience, menée auprès de deux participantes qui se déclaraient bénéficiaires et testées à leur insu, ne met en évidence qu’un léger effet placebo chez l’une d’elles.
Septembre 2024 — une équipe d’Aix-Marseille publie dans Scientific Reports une étude sur 42 jeunes adultes. Elle ne trouve aucun effet de la lumière pulsée sur la vitesse de lecture ni sur la compréhension, sauf chez les lecteurs les plus en difficulté, qui gagnent 7 % de vitesse — un gain réel mais faible, et qui ne les rapproche pas du niveau des lecteurs experts.
2025 — une équipe italienne publie dans Psychological Research une étude en double aveugle sur 49 enfants dyslexiques et 48 adultes. Elle rapporte deux choses. D’une part, un signal technique : chez les enfants dyslexiques, les lunettes réglées individuellement prédisaient la vitesse de décodage des pseudo-mots. D’autre part, et c’est son résultat principal : l’attente positive améliore la précision de lecture, avec une ampleur supérieure à celle rapportée pour les programmes de remédiation de référence.
Ce dernier résultat mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il éclaire tout le reste. Les témoignages de familles sont sincères. Des enfants lisent effectivement mieux avec ces lunettes sur le nez, et leurs parents ne se trompent pas en le constatant. Ce que les études disent, c’est qu’aucune n’a pu rattacher ce mieux à l’appareil lui-même — et qu’un effet d’attente n’a pas besoin d’un dispositif à 400 euros pour se produire.
L’essai clinique du fabricant : aucun résultat au registre
C’est la pièce la plus parlante du dossier, et elle ne demande aucune interprétation : elle est consultable en ligne, sur le registre international des essais cliniques.
La société qui conçoit le dispositif a enregistré un essai (référence NCT04586621) exactement conçu comme il fallait : randomisé, croisé, en triple aveugle, avec un groupe de contrôle portant des lunettes factices, sur 41 enfants de 8 à 13 ans, avec un test de fluence de lecture comme critère principal.
L’essai a commencé le 19 janvier 2021. Il s’est achevé le 29 juin 2021, avec la totalité de l’effectif prévu. Son statut est « terminé ». La dernière mise à jour du dossier date de février 2022. Aucun résultat n’y a été déposé — la fiche porte toujours la mention correspondante. Cinq ans après la fin de l’essai, et à notre connaissance, aucune publication n’en a rendu compte. L’UNADREO faisait le même constat en octobre 2023.
Entre-temps, en décembre 2021, un sondage IPSOS réalisé, selon l’UNADREO, à la demande de l’enseigne d’optique qui distribue le produit, indiquait que 92 % des porteurs auraient constaté un changement dans leur vie. Le commentaire de l’UNADREO est le bon : « une enquête d’opinion n’est toutefois pas une méthodologie valide pour évaluer l’efficacité d’un dispositif médical ».
Un mémoire d’orthophonie soutenu à l’université de Lille en juin 2024 est allé interroger des utilisateurs réels. Dix ont répondu complètement — c’est peu. Sur ces dix, une majorité ne constate pas d’amélioration.
En mai 2025, L’Express a publié une enquête sur ce dossier. Nous n’en reprenons ici aucune affirmation, faute d’avoir pu la vérifier pièce par pièce : son titre évoque des « condamnations scientifiques », c’est-à-dire un rejet par la communauté savante, et non des décisions de justice. À notre connaissance, aucune décision de justice ni sanction administrative publique ne vise ces produits.
Prix et remboursement : la réponse claire
C’est la question que les familles posent le plus, et les réponses qu’on trouve en ligne se contredisent. Voici ce qui est établi.
Le prix. En janvier 2021, le Conseil scientifique de l’éducation nationale relevait des prix de 399 € pour les lunettes et 549 € pour la lampe. Les montants qui circulent aujourd’hui sont de l’ordre de 400 à 450 € selon le modèle, mais l’enseigne n’affiche aucun tarif en ligne : il faut se rendre en magasin pour le connaître.
Le remboursement. Ces lunettes sont bien un dispositif médical de classe I marqué CE. Cette mention est exacte, et elle est souvent présentée comme une garantie. Elle ne l’est pas : pour cette classe de dispositifs, le marquage CE repose sur une déclaration du fabricant lui-même. Il atteste d’une conformité réglementaire et de sécurité — il ne démontre aucune efficacité et n’ouvre aucun droit à remboursement.
Le remboursement suppose une tout autre démarche : l’inscription sur la liste des produits et prestations remboursables, après évaluation par la Haute Autorité de santé. Aucune inscription de ce type n’a été constatée pour ce dispositif, et l’enseigne ne la revendique nulle part. Elle le confirme d’ailleurs à sa manière. À la question « puis-je bénéficier d’un remboursement ? », sa foire aux questions répond uniquement : « Nous vous invitons à vous rapprocher de votre opticien ATOL qui vous orientera selon votre situation ». Un distributeur d’un produit remboursé l’écrirait.
En clair : l’Assurance maladie ne prend pas ces lunettes en charge. Certaines complémentaires santé proposent des forfaits pour des équipements non remboursés : cela se vérifie au cas par cas auprès de la sienne, sans qu’aucun droit ne soit ouvert. Une aide ponctuelle de la maison départementale des personnes handicapées reste théoriquement possible, dans les mêmes conditions.
Un dernier point, qui relève de la sécurité et non du débat : le fabricant indique lui-même que le dispositif est déconseillé aux personnes épileptiques.
Et les filtres colorés ?
La question revient souvent, sous le nom de syndrome d’Irlen ou de stress visuel : des feuilles transparentes colorées à poser sur le texte, ou des verres teintés.
Une revue systématique publiée en 2016 a rassemblé 51 publications et 54 jeux de données sur le sujet. Sa conclusion est que l’usage de verres ou de filtres colorés pour améliorer les difficultés de lecture « ne peut être approuvé », et que les bénéfices rapportés relèvent probablement d’effets placebo, d’entraînement ou de la simple attention portée à l’élève. Une seconde revue systématique, publiée en 2019, aboutit au même constat. Un détail de la première mérite d’être retenu, parce qu’il vaut pour tout ce dossier : les études les moins biaisées méthodologiquement sont celles qui soutiennent le moins le bénéfice.
Les outils numériques qui, eux, changent quelque chose
Il serait injuste de terminer cette page sur une série de non. Il existe des aides largement reconnues, et elles ont un point commun : elles ne cherchent pas à réparer la lecture, elles la contournent ou l’allègent.
Une remarque des chercheurs du CEA vaut ici comme charnière : parmi les adaptations de présentation visuelle, seuls l’agrandissement des lettres et l’augmentation de l’espacement ont fait la preuve de leur efficacité. Tout ce qui suit relève d’une autre logique — non plus adapter le texte, mais changer le canal.
Lire autrement : la synthèse vocale
C’est l’outil qui change le plus de choses, et il est déjà installé sur tous les appareils. Windows, macOS, iOS et Android disposent tous d’une fonction de lecture à voix haute native ; les navigateurs et les liseuses en proposent également.
Son intérêt en classe n’est pas de dispenser l’élève de lire. Il est de découpler la lecture de l’accès au contenu : un élève qui déchiffre lentement peut ainsi travailler un texte d’histoire à son niveau de compréhension, et non à son niveau de déchiffrage. C’est la différence entre un élève en retard sur tout et un élève en difficulté sur une compétence.
Une remarque de bon sens sur le format : un document scanné en image n’est pas lisible par une synthèse vocale. Fournir les supports en texte sélectionnable — et non en photographie de page — est souvent le geste le plus utile de la semaine.
Écrire autrement : dictée vocale et prédiction de mots
La dictée vocale est aujourd’hui fiable et intégrée à la plupart des appareils. Pour un élève dont l’orthographe absorbe toute l’attention disponible, elle libère la ressource pour ce qui est réellement évalué : les idées, l’organisation, l’argumentation.
La prédiction de mots propose la suite du mot en cours de frappe. Moins connue, elle est particulièrement adaptée aux élèves qui savent ce qu’ils veulent écrire mais bloquent sur la forme du mot. Plusieurs logiciels spécialisés en proposent — certains payants — et certains systèmes d’exploitation l’intègrent nativement.
Ces deux outils posent une question qu’il vaut mieux traiter d’avance : sont-ils autorisés en évaluation ? La réponse dépend de ce qui est écrit dans le dispositif de l’élève, et non de la bonne volonté du moment.
Adapter un texte en quelques clics
Plusieurs extensions gratuites permettent d’appliquer d’un coup à un document les réglages décrits plus haut, ou de colorer les syllabes et les lettres muettes pour soutenir le déchiffrage. Elles font gagner un temps considérable par rapport au réglage manuel — à condition de savoir ce qu’on cherche à obtenir.
L’essentiel de ce qui précède est intégré aux appareils ou gratuit. Le matériel physique — cahiers à réglure adaptée, règles de lecture, guides-lignes, stylos scanners — relève d’une autre logique, celle de l’équipement, avec ses questions de coût et de financement : il est traité à part.
Le faire écrire noir sur blanc
Un réglage de mise en page appliqué par un enseignant attentif disparaît avec le changement de classe. Écrit dans le dispositif de l’élève, il suit.
C’est tout l’intérêt de faire figurer ces adaptations dans le plan d’accompagnement personnalisé ou le projet personnalisé de scolarisation, dans des termes assez concrets pour être appliqués sans discussion. « Supports adaptés » ne veut rien dire. « Documents en police sans empattement, corps 14, interligne 1,5, texte non justifié, espacement des caractères étendu » se met en œuvre en trente secondes par n’importe quel collègue.
La même logique vaut pour les outils : l’autorisation d’utiliser une synthèse vocale ou une dictée vocale en évaluation se prépare en amont, elle ne s’improvise pas le jour de l’épreuve. Le détail des adaptations à demander, et la façon de les formuler, sont réunis dans notre page sur les aménagements pour un élève dyslexique ; le choix du dispositif lui-même est traité dans notre comparatif des quatre dispositifs.
Le malentendu commun : la dyslexie n’est pas un problème de vision
« Comment voit un dyslexique » est l’une des questions les plus posées sur le sujet. Les réponses proposent des simulateurs : on colle un texte, les lettres se mettent à trembler, à s’inverser, à danser. L’effet est saisissant. Beaucoup d’enseignants les montrent à leurs élèves pour créer de l’empathie, et l’intention est excellente.
Mais ces simulateurs représentent une dyslexie qui n’existe pas. Le trouble ne fait pas bouger les lettres sur la page. Il porte, dans la grande majorité des cas, sur le traitement des sons de la langue et sur la mise en correspondance entre ces sons et les signes écrits. C’est ce que rappelle le Conseil scientifique de l’éducation nationale, et c’est ce qui explique que la prise en charge validée soit orthophonique. Les signes qu’un enseignant peut réellement observer sont décrits dans notre page dyslexie en classe.
Une fois qu’on tient ce fil, les trois objets de cette page se rangent dans le même tiroir. La police qui empêcherait de confondre les lettres, les lunettes qui corrigeraient l’image, le simulateur qui fait trembler le texte : ce sont trois expressions d’une seule idée — que la dyslexie serait un problème de vision. C’est ce qui explique qu’aucune des trois n’ait produit le bénéfice annoncé.
Ce qui aide n’a rien de spectaculaire : un document composé proprement, un espacement un peu plus large, des lignes courtes, une voix de synthèse quand le texte est long, du temps, et un adulte qui sait pourquoi il fait ce qu’il fait. Ça ne se vend pas 400 euros. C’est gratuit, et c’est mesuré.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure police pour un élève dyslexique ?
Une police sans empattement courante — Arial, Verdana, Tahoma, Calibri — convient parfaitement. Aucune étude n’a montré qu’une police spécialisée fasse lire plus vite ou plus juste qu’une police courante correctement espacée. Ce qui compte davantage que le choix de la police, c’est le corps, l’espacement et l’absence de justification.
La police OpenDyslexic est-elle gratuite, et comment l’installer ?
Elle est distribuée sous licence libre et peut être téléchargée gratuitement. Le fichier arrive généralement dans une archive .zip, à décompresser d’abord. Sous Windows, il suffit ensuite d’ouvrir le fichier de police et de cliquer sur « Installer » ; sous macOS, de l’ouvrir dans le Livre des polices. Deux points pratiques : installer une police « pour tous les utilisateurs » demande des droits administrateur, souvent restreints sur un poste d’établissement ; et il faut redémarrer les logiciels déjà ouverts pour qu’elle apparaisse. Rien n’interdit de l’utiliser — mais n’en attendez pas de gain de lecture mesurable.
Les lunettes pour dyslexiques sont-elles remboursées ?
L’Assurance maladie ne les prend pas en charge. Le statut de dispositif médical de classe I dont elles se prévalent repose sur une déclaration du fabricant et n’ouvre aucun droit à prise en charge. Certaines complémentaires santé proposent des forfaits pour des équipements non remboursés : à vérifier auprès de la sienne. Une aide ponctuelle de la maison départementale des personnes handicapées reste possible au cas par cas, sans garantie.
Combien coûtent ces lunettes ?
De l’ordre de 400 à 450 euros selon le modèle ; le Conseil scientifique de l’éducation nationale relevait 399 € pour les lunettes et 549 € pour la lampe en janvier 2021. L’enseigne n’affiche pas ses prix en ligne.
Faut-il mettre le texte sur un fond de couleur ?
Le guide de la British Dyslexia Association recommande un fond clair mais non blanc — crème ou pastel — et un papier mat. C’est une recommandation de bonne pratique : l’étude qui a testé les couleurs de fond en laboratoire n’a mesuré aucun effet objectif. Si un élève s’y trouve mieux, il n’y a aucune raison de l’en priver ; il ne faut simplement pas en attendre un progrès de lecture.
Comment voit un élève dyslexique ?
Comme les autres. Les simulateurs qui font danser les lettres à l’écran représentent une conception visuelle de la dyslexie que le consensus scientifique ne retient pas comme explication principale. Dans la grande majorité des cas, le trouble porte sur le traitement des sons de la langue et sur leur correspondance avec les lettres.
Sources
Polices et mise en page
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- Schneps, M. H. et al. (2013). « Shorter lines facilitate reading in those who struggle ». PLoS ONE, 8(8), e71161.
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- Marinus, E. et al. (2016). « A special font for people with dyslexia: Does it work and, if so, why? ». Dyslexia, 22(3), 233-244.
- Rello, L., & Baeza-Yates, R. (2017). « How to present more readable text for people with dyslexia ». Universal Access in the Information Society, 16(1), 29-49.
- Wery, J. J., & Diliberto, J. A. (2017). « The effect of a specialized dyslexia font, OpenDyslexic, on reading rate and accuracy ». Annals of Dyslexia, 67(2), 114-127.
- Bachmann, C., & Mengheri, L. (2018). « Dyslexia and Fonts: Is a Specific Font Useful? ». Brain Sciences, 8(5), 89.
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Lunettes, lampes et filtres
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- Conseil scientifique de l’éducation nationale (janvier 2021). Les lampes et lunettes conçues pour les enfants dyslexiques : que dit la recherche ? Note n° 1.
- UNADREO, avis de février 2021 et d’octobre 2023 sur les lampes et lunettes pour les personnes dyslexiques.
- Lubineau, M., Potier Watkins, C., Glasel, H., & Dehaene, S. (2023). « Does word flickering improve reading? Negative evidence from four experiments using low and high frequencies ». Proceedings of the Royal Society B, 290(2008), 20231665.
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- Zahid, S. (2024). Évaluation de l’utilisation d’un dispositif médical de type lunettes Lexilens® ciblant les personnes dyslexiques. Mémoire d’orthophonie, Université de Lille.
- Le Floch, A., & Ropars, G. (2025). « Invited reply: Comment on « Left–right asymmetry of the Maxwell spot centroids… » ». Proceedings of the Royal Society B, 292(2040), 20243036.
- Franceschini, S. et al. (2025). « Flickering lenses enhance reading performance through placebo effect ». Psychological Research, 89(4), 120.
- Registre ClinicalTrials.gov, essai NCT04586621.
Prévalence
- Fédération française des DYS, rubrique « Combien sont les DYS ? ».
- Haute Autorité de santé (décembre 2017). Comment améliorer le parcours de santé d’un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages.
Tous les réglages sur une page
Les valeurs mesurées, le mode d’emploi dans Word et LibreOffice, les quatre choses à éviter, et ce qui n’est pas démontré. À imprimer et à afficher près du poste de travail.