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Dispositifs scolaires · École inclusive

Pôle d’appui à la scolarité (PAS) : qui peut le saisir, ce qu’il peut faire, et ce qu’il ne décide pas

L’école vous parle du « PAS », la MDPH aussi parfois, et vous ne savez pas s’il faut passer par lui, ce qu’il peut changer pour votre enfant, ni ce qu’il advient de l’AESH. Le pôle d’appui à la scolarité est un service de proximité qui cherche vite des réponses pour un élève en difficulté, avec ou sans reconnaissance de handicap. Il ne remplace ni la MDPH ni les plans déjà prévus par les textes. Cette page dit qui peut le saisir, ce qu’il peut proposer, ce qu’il ne décide pas, et quoi faire là où il n’existe pas encore.

Par la rédaction de Différenciation — nous nous appuyons sur les textes officiels et les sources citées en fin de page. Notre méthode.

En bref

Le pôle d’appui à la scolarité réunit un enseignant coordonnateur et un éducateur spécialisé, au service de plusieurs écoles, collèges et lycées. Vous pouvez le saisir vous-même, sans notification de la MDPH : il peut proposer des aménagements en classe, un matériel adapté, un soutien par un professionnel, et vous aider dans vos démarches. Il ne décide pas des droits liés au handicap : le projet personnalisé de scolarisation est élaboré par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, et l’aide humaine, le matériel notifié et l’orientation sont décidés par sa commission (CDAPH). Vous pouvez saisir la MDPH directement, quand vous le souhaitez. Selon le ministère, près de 1 500 pôles couvraient 56 % du territoire à la rentrée 2026 : ailleurs, le pôle inclusif d’accompagnement localisé (PIAL) et l’enseignant référent restent vos interlocuteurs.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Une démarche à la fois : d’abord savoir si un pôle existe pour l’école de votre enfant.

  1. Demandez au directeur ou au chef d’établissement si l’école dépend d’un pôle d’appui à la scolarité, et comment le joindre.
  2. Notez en quelques lignes ce qui bloque pour votre enfant, depuis quand, et ce que l’école a déjà essayé.
  3. Rassemblez les documents utiles : bilans, comptes rendus, plan en cours (PPRE, PAP, PPS), notification de la MDPH s’il y en a une.
  4. Contactez le pôle par le moyen indiqué localement, et gardez l’accusé de réception de votre demande ; s’il ne vous parvient pas, demandez-le : le cahier des charges prévoit que toute saisine en donne un.
  5. Si votre enfant a besoin d’une aide humaine ou d’une compensation, ne retardez pas le dossier MDPH : vous pouvez le déposer sans attendre le pôle.
Dans une petite salle lumineuse d'école, une mère écoute un enseignant coordonnateur qui prend des notes et une éducatrice spécialisée qui lui montre une feuille de pictogrammes.
Le premier rendez-vous sert à décrire les besoins de l’élève et à faire le point sur ce qui existe déjà.

1. Le PAS en bref : ce que c’est, où il en est

Le pôle d’appui à la scolarité (PAS) est une organisation territoriale qui couvre plusieurs écoles, de préférence d’une même circonscription, et des collèges et lycées, publics, privés sous contrat et agricoles. Selon la circulaire du 1er septembre 2025 qui l’organise, ces pôles « ont pour objectif de proposer des réponses de première intention, rapides et adaptées », pour « tout élève qui rencontre une difficulté dans les apprentissages ou son parcours scolaire ».

Un binôme, et des ressources autour

Le pôle repose sur deux personnes à temps plein : un coordonnateur, personnel de l’Éducation nationale déchargé d’enseignement et placé sous l’autorité du directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), et un éducateur spécialisé, déployé par une équipe médico-sociale mandatée localement par l’agence régionale de santé. Autour d’eux, le coordonnateur peut mobiliser les ressources de l’Éducation nationale (enseignants du réseau d’aides spécialisées, psychologues de l’Éducation nationale, enseignants référents, personnels de santé scolaire…) et celles du secteur médico-social, notamment les équipes mobiles d’appui à la scolarisation.

Un dispositif encore en déploiement

Les pôles ont été lancés à la rentrée 2024 dans quatre départements (Aisne, Côte-d’Or, Eure-et-Loir, Var). Le ministère en comptait 479 à la rentrée 2025 et « près de 1 500 » à la rentrée 2026, soit « 56 % du territoire national couvert », selon son dossier de presse d’août 2026. La circulaire prévoit une généralisation progressive, avec une échéance indiquée « jusqu’en 2027 » : c’est un objectif de l’administration, que le Parlement n’a pas inscrit dans la loi, et non une garantie.

Une circulaire, pas une loi

Le PAS n’est pas inscrit dans la loi. Une première création par la loi de finances pour 2024 a été censurée par le Conseil constitutionnel, qui a jugé qu’elle n’avait pas sa place dans une loi de finances, sans se prononcer sur le fond. Le 11 mai 2026, en nouvelle lecture d’une proposition de loi sur le parcours inclusif, les députés ont rejeté, par 75 voix contre 54, les amendements qui visaient à y rétablir les pôles ; le texte a été adopté sans eux et il est toujours en discussion au Parlement. Le dispositif fonctionne donc sur la base d’une circulaire. Saisi par une association d’un recours contre la première circulaire, celle du 3 juillet 2024 (abrogée depuis et remplacée par celle de 2025), le Conseil d’État l’a rejeté le 31 décembre 2025. Il a jugé que les ministres pouvaient organiser ces pôles par circulaire, ces modalités se bornant « à enrichir les missions confiées aux PIAL », et que le coordonnateur « se borne à coordonner des moyens et favoriser la mise en réseau des ressources existantes sur un territoire sans avoir de pouvoir décisionnaire ».

2. Qui peut saisir le PAS, et comment

La circulaire est claire : « Le PAS peut être saisi par les responsables légaux de l’élève, par l’élève majeur, par un professeur, un directeur d’école ou un chef d’établissement scolaire. » Le cahier des charges ajoute les inspecteurs. Vous n’avez besoin ni d’un diagnostic ni d’une notification de la MDPH : le pôle s’adresse aux élèves à besoins éducatifs particuliers, de la maternelle au lycée.

Trouver le pôle de votre secteur

Les textes ne prévoient pas de numéro national. Les modalités de contact sont fixées localement : téléphone, courriel ou prise de rendez-vous en ligne. Le cahier des charges demande que toutes les écoles et tous les établissements du secteur soient informés des horaires et des modalités de sollicitation du pôle, et que ces informations soient diffusées aux familles dès la rentrée. Le plus simple est donc de demander au directeur d’école ou au chef d’établissement ; le site de votre académie peut aussi publier une page sur les pôles du département.

Ce qui se passe après votre demande

Toute saisine « donnera lieu à un accusé réception », et vous êtes reçu par le coordonnateur « dans les meilleurs délais ». Aucun délai chiffré n’est fixé par les textes. Lors de ce premier rendez-vous, le coordonnateur fait le point avec vous sur les aménagements déjà en place ; il consulte pour cela, s’il a été ouvert, le livret de parcours inclusif (LPI), l’application où l’école inscrit les aides apportées à votre enfant. Il informe ensuite l’école de votre démarche et peut solliciter des professionnels pour observer votre enfant en classe ou vous rencontrer. Une proposition de réponse vous est alors adressée ; elle peut être ajustée avec vous, et ce que vous acceptez est transmis à l’école et inscrit dans le livret.

Les délais constatés

Dans les départements où les pôles ont été lancés en 2024, un rapport du Sénat de juin 2025 relevait, à partir d’informations qu’il qualifiait de parcellaires, des délais moyens de 11 jours pour un premier contact et de 16 jours pour des premiers éléments de réponse. Ce sont des moyennes relevées sur le terrain, pas une garantie : le délai dépend du pôle et du nombre de demandes.

3. Ce que le PAS peut proposer

Le pôle cherche une réponse « de premier niveau », c’est-à-dire sans attendre une éventuelle reconnaissance de handicap. Selon le dossier de presse de rentrée 2026 du ministère, qui s’appuie sur les données de l’application LPI au 29 juin 2026, 74 % des élèves aidés par un pôle n’étaient pas en situation de handicap mais avaient des besoins éducatifs particuliers, liés surtout à des difficultés d’apprentissage, de comportement ou d’attention.

Les réponses de premier niveau, d’après le cahier des charges des pôles : une seule passe par une décision de la MDPH.
Ce que le pôle peut proposerCe que cela recouvreFaut-il une décision de la MDPH ?
Des aménagements pédagogiquesDes adaptations en classe, proposées par le coordonnateur et inscrites dans le livret de parcours inclusif ; c’est l’enseignant qui les met en œuvreNon
Un matériel pédagogique adaptéLe pôle propose au Dasen l’attribution d’un matériel, comme outil d’accessibilité ; la décision revient au DasenNon
Un soutien par l’Éducation nationaleAide personnalisée, Devoirs faits, intervention d’un enseignant spécialisé ou d’un autre personnel de l’Éducation nationaleNon
Un soutien médico-social ponctuelDes interventions temporaires de l’éducateur du pôle ou de l’équipe mobile d’appui, après un document signé avec la familleNon
Un accompagnement vers le diagnosticUne orientation vers les structures qui posent un diagnostic : plateforme de coordination et d’orientation, CAMSP, CMPPNon
Une aide pour le dossier MDPHUn appui aux démarches, puis l’enseignant référent prend le relaisC’est la MDPH qui décide de la suite
La mise en œuvre de l’aide humaineLe pôle organise l’accompagnement par un AESH lorsque la commission de la MDPH l’a notifiéOui
Dans une classe lumineuse, une enseignante et un éducateur, assis près d'un pupitre, regardent un enfant dont on ne voit que les bras et les mains écrire sur un plan incliné, à côté de jetons de couleur.
Une réponse de premier niveau peut être une adaptation installée en classe, sans attendre une décision de la MDPH.

Des interventions temporaires

Les interventions médico-sociales du pôle sont ponctuelles. Le cahier des charges précise que l’équipe « n’a pas vocation à délivrer des prestations durables », et qu’une réponse de premier niveau ne doit pas retarder l’accès à un diagnostic et à des interventions spécialisées quand elles sont nécessaires. Si votre enfant a besoin d’un suivi régulier en orthophonie, en ergothérapie ou en psychomotricité, le pôle peut vous orienter, mais il ne remplace pas ce suivi. Pour savoir qui consulter, voyez qui consulter et dans quel ordre.

4. Ce que le PAS ne décide pas

Le pôle propose, coordonne et oriente ; il ne décide pas de vos droits. La circulaire le dit en toutes lettres : « L’action des PAS ne se substitue pas au rôle des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) dans la reconnaissance des situations de handicap et la proposition de réponses de compensation. » Le cahier des charges ajoute : « Les droits à compensation sont la prérogative de la MDPH. »

Vous pouvez saisir la MDPH directement

La circulaire précise : « Les familles saisissent directement les MDPH chaque fois qu’elles le souhaitent. » Un rapport du Sénat de juin 2025 a pourtant relevé que certaines MDPH demandaient aux familles de s’adresser d’abord au pôle ; la commission sénatoriale a estimé que le dépôt d’un dossier ne devait pas dépendre d’un premier examen par le pôle. Si votre enfant a besoin d’une aide humaine, d’une orientation en ULIS, d’un matériel notifié ou d’un projet personnalisé de scolarisation, c’est la MDPH qui est compétente : son équipe pluridisciplinaire élabore le projet, et la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) prend les décisions. Le dossier peut partir sans attendre le pôle. Le GEVA-Sco reste rempli par l’équipe éducative de l’école pour une première demande, puis, pour un réexamen, en équipe de suivi de la scolarisation, réunie par l’enseignant référent ; le pôle peut vous aider dans ces démarches, sans prendre leur place.

Il ne remplace pas les plans existants

La réponse du pôle « ne se substitue pas aux modalités de compensations notifiées par la MDPH, pas plus qu’au projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou au plan d’accompagnement personnalisé (PAP) ». Si votre enfant a un trouble des apprentissages constaté, le plan d’accompagnement personnalisé peut rester la voie pour formaliser les adaptations ; pour choisir entre les plans, voyez PAP, PPS, PPRE, PAI : lequel choisir ?, et si l’école refuse un PAP, Refus de PAP : que faire.

Vous restez associé

Les parents « sont associés à l’expertise des besoins et informés des propositions d’adaptations ». Une intervention médico-sociale auprès de votre enfant suppose votre autorisation (en cas d’urgence, le pôle doit vous informer aussitôt et recueillir votre accord), et la proposition du pôle peut être ajustée avec vous avant d’être inscrite dans le livret.

5. L’AESH : du PIAL au PAS

Créés par la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance et présents sur tout le territoire depuis la rentrée 2021, des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) organisent l’accompagnement des élèves par des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui ont pour objet « la coordination des moyens d’accompagnement humain » dans les écoles et établissements, selon l’article L. 351-3 du code de l’éducation tel que le cite le Conseil d’État. La circulaire de 2025 parle d’une « transformation progressive » des PIAL en pôles d’appui à la scolarité.

Ce qui change, et ce qui ne change pas

Là où un pôle existe, il est chargé de mettre en œuvre l’accompagnement humain notifié par la MDPH, et une équipe d’AESH lui est rattachée ; des AESH référents peuvent aider le coordonnateur à mettre en place les accompagnements. Ce qui ne change pas : l’aide humaine reste décidée par la CDAPH, qui en fixe la quotité horaire lorsqu’il s’agit d’une aide individuelle (une aide mutualisée est notifiée sans nombre d’heures), et le pôle n’a pas le pouvoir de l’attribuer ni de la retirer. Dans sa décision sur la circulaire de 2024, le Conseil d’État a relevé que les pôles exercent les missions des PIAL et jugé que leur organisation se borne « à enrichir » ces missions : l’article de loi qui fonde les PIAL reste donc la base de l’accompagnement, y compris là où un pôle a pris le relais. Pour le rôle de l’accompagnant en classe, voyez L’AESH en classe : ce qu’elle fait, ce qu’elle ne fait pas.

Si l’accompagnement notifié n’est pas mis en place

Parlez-en d’abord au directeur ou au chef d’établissement, puis à l’enseignant référent, qui veille à la mise en œuvre du projet personnalisé de scolarisation. Le coordonnateur du pôle est placé sous l’autorité du Dasen : si la situation dure, vous pouvez aussi écrire au Dasen, par un courrier daté dont vous gardez une copie, pour signaler que l’accompagnement notifié n’est pas assuré. Notre page sur la notification MDPH détaille ce que la décision prévoit et les recours possibles.

Côté enseignant

Vous pouvez saisir le pôle vous-même pour un élève de votre classe, et le directeur ou le chef d’établissement peut le solliciter pour un accompagnement de l’équipe aux pratiques inclusives. Le pôle ne prend pas votre place : le cahier des charges rappelle qu’il ne se substitue pas aux équipes pédagogiques, chargées de la première réponse en classe. Avant de le solliciter, notez les adaptations déjà essayées et leur effet, et prévenez la famille : la démarche se construit avec elle.

6. Préparer le rendez-vous

Le premier rendez-vous sert à décrire les besoins de votre enfant et à faire le point sur ce qui existe déjà. Venir préparé permet d’aller plus vite vers une proposition utile.

Les questions à préparer pour le premier rendez-vous

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Garder une trace

Notez la date de votre demande et conservez l’accusé de réception. Demandez que la proposition retenue vous soit communiquée par écrit : elle est inscrite dans le livret de parcours inclusif, mais une trace de votre côté facilite le suivi avec l’école et, plus tard, avec la MDPH.

7. S’il n’y a pas de PAS, ou si la réponse ne suffit pas

Votre secteur n’a pas encore de pôle

À la rentrée 2026, un peu plus de la moitié du territoire était couverte, selon le ministère. Ailleurs, les démarches habituelles restent valables : l’équipe pédagogique pour les premières adaptations, le plan d’accompagnement personnalisé si un trouble est constaté, la MDPH pour toute compensation, l’enseignant référent pour le suivi du projet personnalisé de scolarisation, et le PIAL pour l’organisation de l’accompagnement par un AESH. Pour vous repérer parmi les sigles, voyez Les dispositifs scolaires.

La réponse du pôle ne suffit pas

Le pôle est prévu pour cela : lorsqu’une réponse de premier niveau « semble ne pas être suffisante », il peut accompagner la famille vers les structures et les professionnels les plus adaptés, et l’aider à constituer un dossier à la MDPH. Si les difficultés persistent, n’attendez pas la fin de l’année : demandez un nouveau rendez-vous, et déposez le dossier MDPH si une compensation semble nécessaire. Le pôle n’est pas une étape obligatoire avant la MDPH.

8. Dans quel ordre avancer

Dans quel ordre avancer

  1. Parler avec l’école

    Faites le point avec l’enseignant ou le professeur principal sur ce qui bloque et ce qui a déjà été essayé.

    repère

  2. Savoir si un pôle existe

    Demandez au directeur ou au chef d’établissement si l’école dépend d’un pôle d’appui à la scolarité, et comment le joindre.

    repère

  3. Saisir le pôle

    Contactez-le par le moyen indiqué localement, gardez l’accusé de réception et préparez le premier rendez-vous.

    repère

  4. Suivre la proposition

    Vérifiez avec l’école que les adaptations retenues sont mises en œuvre et faites le point après quelques semaines.

    repère

  5. Saisir la MDPH si besoin

    Pour une aide humaine, une orientation ou un projet personnalisé de scolarisation, déposez le dossier ; vous pouvez le faire à tout moment, sans attendre le pôle.

    repère

Et si votre enfant a déjà un PPS ?

Le pôle peut intervenir pour la mise en œuvre des aménagements, du matériel et de l’aide humaine notifiés. Le projet personnalisé de scolarisation reste élaboré par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH et suivi par l’enseignant référent ; pour son fonctionnement, voyez Le PPS à l’école, et pour l’ensemble des besoins particuliers, Élèves à besoins éducatifs particuliers.

Ce qu’il faut retenir

  • Le pôle d’appui à la scolarité réunit un enseignant coordonnateur et un éducateur spécialisé au service de plusieurs écoles et établissements.
  • Les parents, l’élève majeur, un professeur, un directeur ou un chef d’établissement peuvent le saisir, sans notification de la MDPH.
  • Il peut proposer des aménagements, un matériel adapté, un soutien par un professionnel, et aider aux démarches ; aucun délai chiffré n’est fixé par les textes.
  • Il ne décide pas des droits : le projet personnalisé de scolarisation est élaboré par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, et l’aide humaine et l’orientation sont décidées par sa commission ; vous pouvez saisir la MDPH directement.
  • Le pôle repose sur une circulaire, pas sur une loi, et ne couvre pas encore tout le territoire : là où il n’existe pas, le PIAL et l’enseignant référent restent vos interlocuteurs.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un pôle d’appui à la scolarité ?

C’est un service de l’Éducation nationale et du secteur médico-social qui couvre plusieurs écoles, collèges et lycées. Un enseignant coordonnateur et un éducateur spécialisé y cherchent des réponses rapides pour les élèves à besoins éducatifs particuliers : aménagements en classe, matériel adapté, soutien par un professionnel, aide aux démarches. Il est organisé par une circulaire du 1er septembre 2025.

Qui peut saisir le pôle d’appui à la scolarité ?

Les responsables légaux de l’élève, l’élève majeur, un professeur, un directeur d’école ou un chef d’établissement, et, selon le cahier des charges, les inspecteurs. Aucune notification de la MDPH n’est nécessaire. Les modalités de contact sont fixées localement : demandez-les au directeur ou au chef d’établissement.

Faut-il passer par le PAS avant de déposer un dossier à la MDPH ?

Non. La circulaire précise que les familles saisissent directement les MDPH chaque fois qu’elles le souhaitent. Le pôle peut vous aider à préparer le dossier, mais il n’est pas une étape obligatoire, et il ne décide pas des droits à compensation, qui relèvent de la commission de la MDPH.

Quelle est la différence entre un PIAL et un PAS ?

Le PIAL, prévu par la loi depuis 2019, coordonne l’accompagnement humain des élèves par des AESH. Le PAS, organisé par circulaire, reprend ces missions là où il est déployé et y ajoute des réponses rapides pour tous les élèves à besoins éducatifs particuliers, avec un éducateur spécialisé et des ressources médico-sociales. Dans les deux cas, l’aide humaine reste décidée par la commission de la MDPH.

Le PAS peut-il supprimer ou réduire les heures d’AESH de mon enfant ?

Le pôle ne peut pas modifier une décision de la CDAPH : à propos de la circulaire de 2024, le Conseil d’État a relevé que le coordonnateur agit « sans avoir de pouvoir décisionnaire ». Si la CDAPH a notifié une aide individuelle, elle en a fixé la quotité horaire, et ces heures sont dues. Si elle a notifié une aide mutualisée, la décision ne fixe pas de nombre d’heures : le temps d’accompagnement est organisé localement. Dans les deux cas, le pôle est chargé de mettre en œuvre l’accompagnement notifié. S’il n’est pas assuré, ou s’il vous paraît réduit, adressez-vous à l’école, à l’enseignant référent, puis écrivez au Dasen.

Y a-t-il un pôle d’appui à la scolarité partout ?

Pas encore. Selon le ministère, près de 1 500 pôles couvraient 56 % du territoire à la rentrée 2026, et la circulaire vise une généralisation progressive d’ici 2027, sans que cette échéance soit garantie par la loi. Là où il n’y en a pas, l’école, l’enseignant référent, le PIAL et la MDPH restent vos interlocuteurs.

Sources

  1. Circulaire interministérielle du 1er septembre 2025 relative au déploiement des pôles d’appui à la scolarité, et son cahier des charges (BO n° 33 du 4 septembre 2025, NOR MENE2520651C)
  2. Conseil d’État, 31 décembre 2025, n° 497461, Association Info droit handicap (recours contre la circulaire du 3 juillet 2024, rejeté)
  3. Conseil constitutionnel, décision n° 2023-862 DC du 28 décembre 2023, Loi de finances pour 2024 (article 233)
  4. Assemblée nationale, compte rendu de la première séance du lundi 11 mai 2026
  5. Sénat, rapport n° 725 (2024-2025) de Mme Catherine Belrhiti, déposé le 11 juin 2025, sur la proposition de loi visant à renforcer le parcours inclusif des enfants à besoins éducatifs particuliers
  6. Ministère de l’Éducation nationale, dossier de presse « Rentrée scolaire 2026-2027 : l’École au cœur »
  7. Mon Parcours Handicap, « PPRE, PAI, PAP, PPS : en quoi consistent les différentes possibilités d’appui à la scolarisation ? »
  8. Circulaire du 29 août 2025, « École inclusive – Matériel pédagogique adapté » (BO n° 33 du 4 septembre 2025, NOR MENE2517971C)
  9. Circulaire n° DGCS/SD3B/2025/119 du 4 septembre 2025 relative aux équipes mobiles d’appui médico-social à la scolarisation
  10. Service-public.fr, « Élève ou étudiant en situation de handicap : qu’est-ce que le projet personnalisé de scolarisation (PPS) ? »
  11. Circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017, « Missions et activités des personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de handicap » (BO n° 18 du 4 mai 2017, NOR MENE1712905C)
  12. Mon Parcours Handicap, « Qu’est-ce que le GEVA-Sco ? »

Et ensuite ?

Le pôle oriente et coordonne ; les droits se décident ailleurs. Nos pages disent ce que prévoit une notification de la MDPH, ce que fait l’AESH en classe, et comment se repérer parmi les dispositifs.

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